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Réchauffement climatique : les scientifiques alertent sur une accélération brutale des événements extrêmes

De nouvelles recherches internationales mettent en garde contre une aggravation plus rapide que prévu du réchauffement climatique. Selon des scientifiques norvégiens et britanniques, la combinaison du changement climatique, des variations naturelles du climat et de la réduction de la pollution de l’air pourrait intensifier fortement les phénomènes météorologiques extrêmes dès les prochaines décennies.

L’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes est déjà l’un des visages les plus concrets du réchauffement climatique. Vagues de chaleur meurtrières, pluies diluviennes, sécheresses prolongées ou inondations soudaines affectent de plus en plus fréquemment les sociétés humaines. Mais selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Geoscience, la dynamique pourrait s’emballer bien plus vite que ce que prévoyaient jusqu’ici les scénarios climatiques dominants.

Les travaux ont été menés par des chercheurs du Centre Cicero pour la recherche internationale sur le climat, en collaboration avec des scientifiques de l’Université de Reading. Leur conclusion est sans appel : sans réduction rapide et massive des émissions de gaz à effet de serre, les événements météorologiques extrêmes risquent de se renforcer de manière abrupte au cours des vingt prochaines années.

Les impacts de ces extrêmes sont déjà largement documentés. Les vagues de chaleur entraînent une surmortalité humaine et animale, fragilisent les écosystèmes, réduisent les rendements agricoles et mettent sous tension les réseaux énergétiques et de transport. Les précipitations intenses, quant à elles, provoquent des inondations dévastatrices, des dégâts aux infrastructures, une érosion accrue des sols et une dégradation de la qualité de l’eau. Ces effets, bien que connus, pourraient devenir beaucoup plus fréquents et plus intenses dans un laps de temps très court.

L’étude souligne toutefois un point moins intuitif : le réchauffement climatique n’est pas le seul facteur à l’œuvre. Les chercheurs montrent que l’interaction entre le réchauffement d’origine humaine et les variations naturelles du climat peut amplifier brutalement certains phénomènes. À cela s’ajoute un effet paradoxal lié à l’amélioration de la qualité de l’air. La pollution atmosphérique, notamment les aérosols, a jusqu’ici partiellement masqué certains effets du réchauffement en réfléchissant une fraction du rayonnement solaire. La réduction de cette pollution, bénéfique pour la santé publique, révèle mécaniquement une part du réchauffement jusque-là atténuée.

Ce mécanisme a déjà été observé dans certains pays, notamment en Asie. En Chine, par exemple, les politiques ambitieuses de lutte contre la pollution de l’air auraient contribué de manière indirecte à une hausse plus marquée des températures régionales, un effet inattendu mais désormais mieux compris par les climatologues.

Les projections issues des modèles climatiques sont particulièrement préoccupantes. Dans un scénario où les émissions mondiales resteraient élevées, de vastes zones tropicales et subtropicales connaîtraient des changements rapides et simultanés des extrêmes de température et de précipitations. Près des trois quarts de la population mondiale pourraient être directement touchés. À l’inverse, un respect strict des objectifs de l’Accord de Paris permettrait de réduire cette proportion à environ 20 % de la population mondiale.

Pour les chercheurs, le temps de l’anticipation est désormais compté. « Dans le meilleur des cas, nous estimons que des changements rapides affecteront tout de même environ 1,5 milliard de personnes », avertit Bjørn Samset, chercheur associé à l’étude, dans un communiqué de l’université de Reading. Selon lui, la seule réponse possible consiste à se préparer dès aujourd’hui à une augmentation marquée de la probabilité d’événements extrêmes sans précédent, potentiellement dès les dix à vingt prochaines années.

Au-delà de la réduction des émissions, cette alerte souligne l’urgence de l’adaptation. Urbanisme, agriculture, gestion de l’eau, systèmes de santé et infrastructures devront intégrer un climat plus instable et plus violent. Faute de quoi, préviennent les scientifiques, les sociétés humaines risquent d’être prises de court par une accélération du dérèglement climatique dont les effets pourraient rapidement dépasser les capacités de réponse actuelles.

Source :

Futura Science

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