Le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant l’ancien ministre de la Culture Jack Lang et sa fille Caroline. Cette procédure fait suite aux révélations de Mediapart sur leurs liens financiers supposés avec le financier américain Jeffrey Epstein, au cœur d’un scandale international.
L’affaire Epstein continue de produire des répercussions judiciaires en France. Vendredi 6 février, le Parquet national financier a confirmé à l’Agence France-Presse l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant Jack Lang et sa fille Caroline Lang. Cette enquête porte sur des faits révélés par Mediapart concernant des relations financières présumées avec Jeffrey Epstein, homme d’affaires américain condamné pour des infractions sexuelles et décédé en détention en 2019.
À ce stade, aucune mise en examen ni aucune charge formelle ne visent Jack Lang. Toutefois, la présence répétée de son nom dans les documents judiciaires américains, ainsi que des liens d’intérêts mis en lumière par la presse, ont placé l’ancien ministre sous une pression politique et médiatique croissante. Le PNF précise que l’enquête vise à vérifier l’existence éventuelle de flux financiers illicites ou de montages destinés à dissimuler des fonds d’origine frauduleuse.
Sa fille, Caroline Lang, est directement concernée par les révélations de Mediapart portant sur une société offshore qu’elle aurait fondée en 2016 avec Jeffrey Epstein. À la suite de ces informations, elle a démissionné lundi de la direction d’un syndicat de producteurs de cinéma. Interrogée sur BFMTV, elle a affirmé que Jeffrey Epstein était « un ami » mais « pas un intime », assurant n’avoir jamais eu connaissance de ses crimes, ni elle ni son père.
L’affaire a pris une dimension institutionnelle en raison des fonctions actuelles de Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe. Alors que les appels à sa démission se multiplient, l’ancien ministre a été convoqué dimanche par le Quai d’Orsay. Vendredi, le gouvernement indiquait n’exclure aucune option concernant son maintien à la tête de l’institution. Sollicité par l’AFP, Jack Lang, âgé de 86 ans, a fini par répondre ce samedi 7 févrierIl estime que « les accusations portées » à son encontre dans l’affaire Epstein, « sont infondées ». Selon son entourage, il se trouvait à Marrakech, « sonné et épuisé ».
Par ailleurs, l’association anticorruption AC !! a annoncé avoir déposé plainte auprès du PNF, renforçant la pression judiciaire autour de ce dossier. L’ouverture de cette enquête intervient dans le sillage de la publication, le 30 janvier, de millions de documents par la justice américaine, qui ont mis en lumière l’ampleur du réseau relationnel d’Epstein et éclaboussé de nombreuses personnalités politiques, économiques et culturelles à travers le monde.
Sources :
TF1 Info – 6 février 2026 – lien
Agence France-Presse – dépêche reprise par TF1 Info
Mediapart – révélations citées par le PNF