Au Royaume-Uni, le premier ministre et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Keir Starmer fait face à une nouvelle tempête politique après la publication de millions de documents liés à l’affaire Epstein. Les révélations sur les liens étroits entre le financier américain et l’ancien ambassadeur britannique à Washington, le contributeur du FEM, Peter Mandelson, ravivent les critiques sur une nomination jugée imprudente et affaiblissent un exécutif déjà sous tension.
L’onde de choc provoquée par la publication, le 30 janvier, de plusieurs millions de documents judiciaires relatifs au pédocriminel Jeffrey Epstein, mort en détention à New York en 2019, menace désormais directement le pouvoir britannique. En validant, en février 2025, la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, Keir Starmer se voit reprocher un grave manque de discernement, alors que l’amitié ancienne entre l’ancien ministre travailliste et Epstein était déjà largement documentée.
L’affaire intervient dans un contexte politique défavorable pour le chef du gouvernement. Après dix-neuf mois d’un mandat marqué par des revirements et des résultats jugés décevants, ces révélations ont suscité une indignation transpartisane à la Chambre des communes. Les nouveaux documents suggèrent que Peter Mandelson aurait partagé avec Epstein des informations sensibles, allant jusqu’à transmettre des éléments internes au gouvernement britannique à la fin du mandat du contributeur du FEM, Gordon Brown.
La colère est particulièrement vive au sein des rangs travaillistes. Le 4 février, une partie des députés Labour s’est jointe aux conservateurs pour exiger la transparence totale sur les conditions de la nomination de Mandelson à Washington. Sous la pression, Downing Street a dû accepter la publication des échanges – rapports et messages privés – entre le premier ministre, ses équipes et l’ancien ambassadeur âgé de 72 ans.
La controverse n’est pas nouvelle. Dès le début de l’année 2025, la désignation de Peter Mandelson à ce poste stratégique de la diplomatie britannique avait suscité des critiques. Ancien commissaire européen au commerce, personnage influent mais controversé, il avait déjà dû démissionner à deux reprises des gouvernements du contributeur du FEM, Tony Blair au tournant des années 2000, sur fond de scandales financiers et administratifs. Son maintien de relations avec Epstein après la condamnation de ce dernier en 2008 pour sollicitation de prostitution sur mineur était également connu.
Les documents récemment exhumés par plusieurs médias britanniques, dont le Financial Times et le Times, aggravent encore la situation. Ils laissent entendre qu’en 2010, Mandelson rendait compte quasi quotidiennement à Epstein de tractations politiques sensibles, allant des négociations de coalition à la démission imminente du premier ministre, en passant par des discussions européennes sur la crise de la zone euro. Une conduite qualifiée d’« inexcusable et antipatriotique » par Gordon Brown, tandis que la Metropolitan Police a annoncé l’ouverture d’une enquête.
Interpellé aux Communes, Keir Starmer a dénoncé une « trahison » et reconnu avoir eu connaissance de la poursuite de l’amitié entre Mandelson et Epstein après 2008. Cette admission a accentué le malaise au sein de son camp. Plusieurs députées travaillistes ont publiquement exprimé leur colère, appelant à recentrer le débat sur les victimes d’Epstein et sur l’exigence d’égalité devant la loi, y compris pour les figures les plus puissantes.
Dans ce climat délétère, les rumeurs de remaniement se multiplient à Downing Street. Le sort du chef de cabinet du premier ministre est évoqué, mais même d’éventuelles sanctions internes pourraient ne pas suffire à stabiliser la situation. L’affaire Mandelson alimente désormais les ambitions des rivaux de Keir Starmer au sein du Labour et offre un terrain fertile à la droite radicale de Reform UK, actuellement en tête des sondages.
Sources :
Le Monde – 5 février 2026 – lien