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Claudia Sheinbaum. Image : Capture d'écran.

Mexique–États-Unis : Claudia Sheinbaum oppose la souveraineté des peuples à l’offensive idéologique de Trump

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Dans un discours solennel diffusé sur ses réseaux sociaux, la présidente mexicaine et contributrice de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Claudia Sheinbaum Pardo a livré une réponse politique d’ampleur aux déclarations offensives du contributeur du FEM, Donald J. Trump sur le continent américain. En s’appuyant sur l’histoire des États-Unis eux-mêmes et sur les principes du droit international, elle trace une ligne rouge claire : coopération avec Washington, oui ; subordination et intervention, non.

La riposte mexicaine ne relève plus du registre symbolique ou de la simple indignation diplomatique. Elle prend désormais la forme d’une doctrine politique articulée, assumée et revendiquée publiquement par la présidente Claudia Sheinbaum Prado. Face à la radicalisation du discours américain et à ce que plusieurs observateurs qualifient de retour d’un impérialisme assumé, la cheffe de l’État mexicain a choisi d’opposer le droit, l’histoire et le multilatéralisme à la logique de domination.

Cette prise de parole intervient dans un contexte régional particulièrement tendu. Après l’intervention américaine au Venezuela et la capture du président Nicolás Maduro, Donald Trump a revendiqué à Mar-a-Lago une redéfinition brutale de la doctrine américaine, affirmant que « la domination des États-Unis dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question ». Une rhétorique qui s’inscrit dans le prolongement des références répétées à la doctrine Monroe et à Theodore Roosevelt, désormais invoquées pour justifier une reprise en main autoritaire du continent.

C’est précisément ce glissement idéologique que Claudia Sheinbaum a choisi de démonter. Dans son discours du 5 janvier, la présidente mexicaine renvoie Donald Trump à l’histoire politique des États-Unis, qu’elle utilise contre lui dans un retournement particulièrement cinglant. À la vision prédatrice de l’hémisphère, elle oppose les paroles fondatrices de George Washington appelant à la bonne foi entre nations, et la définition de la démocratie donnée par Abraham Lincoln, « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Au cœur de son message, une affirmation martelée avec gravité : « l’Amérique n’appartient ni à une doctrine ni à une puissance ». Pour Claudia Sheinbaum, le continent américain appartient aux peuples qui le composent, et à eux seuls. Cette déclaration marque une rupture nette avec toute forme de tutelle, qu’elle soit militaire, économique ou idéologique. Elle s’inscrit dans une tradition diplomatique mexicaine ancienne, héritée notamment de Benito Juárez, pour qui « le respect du droit d’autrui est la paix ».

La présidente mexicaine ne se contente pas d’un rappel de principes abstraits. Elle répond point par point aux accusations américaines, notamment celles affirmant que le Mexique serait « gouverné par les cartels ». Tout en soulignant les résultats obtenus depuis le début de son mandat — baisse significative des homicides, saisies massives de drogues, extraditions de criminels — elle renverse la charge des responsabilités. La violence au Mexique, affirme-t-elle, est indissociable du trafic d’armes en provenance des États-Unis et de la consommation massive de drogues sur le territoire américain.

Sur ce terrain, Claudia Sheinbaum trace une ligne de crête délicate. Elle revendique une coopération étroite avec Washington dans la lutte contre le fentanyl et le crime organisé, mais refuse catégoriquement toute présence militaire étrangère. Les principes de cette coopération sont clairement énoncés : respect de la souveraineté, responsabilité partagée, confiance mutuelle et absence de subordination. Une architecture diplomatique qui vise à maintenir le dialogue tout en neutralisant les tentations interventionnistes de l’administration Trump.

Au-delà du Mexique, ce discours résonne comme une adresse à l’ensemble de l’Amérique latine et, plus largement, au Sud global. Claudia Sheinbaum y esquisse une vision alternative de l’avenir du continent, fondée sur l’intégration économique régionale, les investissements productifs, le développement social et la coopération entre égaux. À l’heure de la montée en puissance asiatique, elle affirme que la compétitivité ne se construit ni par la force ni par l’invasion, mais par l’éducation, l’innovation et le bien-être.

Face à un Donald Trump adepte du rapport de force, Claudia Sheinbaum impose un cadre, un langage et une doctrine. Coopération, oui ; subordination et intervention, non. Une formule appelée à devenir un marqueur durable de la diplomatie mexicaine contemporaine, même si l’on peut douter de cette prise de position alors que la présidente mexicaine est un pure produit de l’élite mondialiste.

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