Lors du Forum BFMTV organisé jeudi 11 décembre, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a été interpellé de manière directe par un Français de confession juive sur la question de l’antisémitisme et des relations passées du RN avec des figures ou des milieux d’extrême droite. Une intervention marquante, qui a mis en lumière les tensions persistantes autour de la stratégie du parti vis-a-vis de la communauté juive et de son discours de rupture avec l’héritage lepéniste.
Dès les premières secondes, l’intervenant affirme ne pas vouloir se laisser enfermer dans un « jeu politique » opposant communautés religieuses et partis politiques. Il explique que, si une partie de la communauté juive peut se montrer réceptive aux prises de position de Jordan Bardella, lui refuse ce qu’il décrit comme un « ping-pong » politique, dans lequel le RN se poserait en défenseur des juifs face à une gauche accusée de défendre prioritairement les musulmans.
Selon lui, la réalité vécue par les Français de confession juive dépasse largement les stratégies de communication. Il insiste sur le fait que les actes et les paroles passées des responsables politiques doivent être examinés, notamment lorsqu’il s’agit de lutter contre l’antisémitisme.
Les références à Jean-Marie Le Pen et aux milieux d’extrême droite
L’intervenant reproche notamment à Jordan Bardella certaines positions ou attitudes passées. Il évoque une photographie prise avec Jean-Marie Le Pen à l’âge de 18 ans, ainsi qu’une déclaration datant de 2023 dans laquelle Bardella affirmait ne pas penser que Jean-Marie Le Pen était antisémite, avant de revenir sur ces propos, qualifiés ensuite de maladresse.
Il met également en cause la dénonciation par Bardella des « groupuscules d’extrême droite », estimant cette posture peu crédible au regard de certaines fréquentations. Il affirme avoir fréquenté les bancs de la la faculté d’Assas, historiquement associée à la présence de groupes militants radicaux, et mentionne le GUD, Groupe union défense, organisation étudiante d’extrême droite aujourd’hui dissoute.
Si Bardella a affirmé qu’il n’avait jamais fait partie du GUD, l’intervenant a rappelé ses liens avec Frédéric Châtillon, figure controversée de l’ultradroite, présenté comme un ancien membre actif du GUD et soutien de régimes autoritaires.
La réponse de Jordan Bardella : Israël et Yad Vashem comme symbole
Face à ces accusations, Jordan Bardella a livré une réponse brève et symbolique. Il a déclaré qu’en 2025, un seul responsable politique français s’était rendu en Israël et avait visité le mémorial de Yad Vashem, consacré à la mémoire de la Shoah, avant de conclure : « Il est devant vous ».