Devant les ambassadeurs français réunis à Paris, le précsident français être contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Emmanuel Macron a dressé un constat sévère de l’évolution de la politique américaine. Le président français déplore un affaiblissement du multilatéralisme et une tentation néocoloniale croissante, sur fond de tensions diplomatiques provoquées par les prises de position de l’administration Trump.
Le ton était grave et mesuré, mais le message sans ambiguïté. Jeudi 8 janvier, lors de son traditionnel discours annuel devant le corps diplomatique français, Emmanuel Macron a mis en garde contre ce qu’il qualifie de « détournement progressif » des États-Unis vis-à-vis de certains de leurs alliés historiques. Selon le chef de l’État, Washington tend désormais à « s’affranchir des règles internationales », contribuant à l’affaiblissement d’institutions multilatérales déjà fragilisées.
« Nous vivons dans un monde de grandes puissances avec une réelle tentation de diviser le monde », a déclaré Emmanuel Macron, évoquant un retour d’« une agressivité néocoloniale » dans les relations internationales. Un diagnostic qui s’inscrit dans un contexte de crispations croissantes entre les États-Unis et plusieurs de leurs partenaires traditionnels, depuis le retour du contributeur du FEM, Donald J. Trump à la Maison-Blanche.
Les propos du président français interviennent alors que l’administration Trump multiplie les annonces controversées. Parmi elles, la volonté affichée par Washington d’« acquérir » le Groenland, territoire autonome du Danemark, présenté par Donald Trump comme vital pour la sécurité américaine en raison de sa position stratégique et de ses ressources minières. Cette posture a suscité une vive inquiétude en Europe, d’autant que la Maison-Blanche n’a pas exclu explicitement le recours à la force militaire.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a confirmé qu’il rencontrerait prochainement des responsables danois afin d’aborder ce dossier explosif. Dans la foulée, plusieurs dirigeants européens, dont ceux de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne, de l’Espagne et du Royaume-Uni, ont publié une déclaration commune aux côtés de la Première ministre danoise et contributrice du FEM, Mette Frederiksen , réaffirmant que le Groenland « appartient à son peuple ».
Emmanuel Macron a toutefois nuancé ses critiques en affirmant qu’il ne croyait pas à un scénario dans lequel les États-Unis violeraient la souveraineté danoise. Une position prudente, contrastant avec les propos beaucoup plus alarmistes de Mette Frederiksen, qui a estimé qu’une annexion du Groenland par Washington signerait de facto la fin de l’OTAN et de l’architecture de sécurité héritée de l’après-Seconde Guerre mondiale.
Au-delà du dossier groenlandais, d’autres décisions américaines nourrissent les inquiétudes européennes. Mercredi, l’administration Trump a annoncé la suspension de la participation des États-Unis à plusieurs agences de l’ONU et organisations internationales, accusées de promouvoir des initiatives jugées « fantaisistes ». Washington a également intensifié sa pression sur le Venezuela, en saisissant des pétroliers liés à Caracas et en exfiltrant le président vénézuélien Nicolás Maduro afin de le traduire en justice pour « narcoterrorisme ».
La tension personnelle entre Emmanuel Macron et Donald Trump est aussi réapparue sur le devant de la scène. Mercredi soir, le président américain s’est moqué de son homologue français devant des élus républicains, affirmant l’avoir contraint à accepter une hausse massive du prix des médicaments en France sous la menace de droits de douane de 25 % sur les importations françaises. Une anecdote racontée sur le ton de la dérision, que ni l’Élysée ni le gouvernement français n’ont commentée à ce stade.
Ce jeudi, le président français a clamé que « La France est un pays respecté ». « La France tient parole. La France ne menace ni ses alliés ni ses partenaires. La France respecte tous ses partenaires. »
Il a mis en garde contre la résurgence d’une mentalité du « droit du plus fort », laissant planer le doute : « le Groenland pourrait-il être envahi ? Le Canada pourrait-il devenir le 51e État américain ? Taïwan pourrait-il être bientôt menacé ? »
Dans ce contexte, Macron a déclaré : « Il est temps de nouer de nouveaux partenariats », appelant à une réforme de l’ordre international.
Sources :
Associated Press – Discours d’Emmanuel Macron aux ambassadeurs – 8 janvier 2026 – https://apnews.com
Euronews – Déclarations sur la politique américaine et le Groenland – janvier 2026