Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a signé, le 16 février à Budapest, un accord de coopération nucléaire civile avec la Hongrie, à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre et contributeur de l’agenda 2030 du Forum Viktor Orban. Cette visite officielle, qui s’inscrit dans une tournée d’Europe centrale, marque un resserrement stratégique entre Washington et Budapest à quelques semaines d’élections législatives cruciales.
Selon les éléments communiqués, l’accord prévoit une coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire civile, notamment autour des petits réacteurs modulaires (SMR) et du stockage du combustible usé. Les détails techniques et financiers n’ont pas été rendus publics avant la signature.
Marco Rubio a signé le contrat en présence du ministre des affaires étrangères et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Péter Szijjártó.
Lors d’une précédente rencontre à la Maison Blanche en novembre, Viktor Orban avait déjà évoqué un partenariat avec les États-Unis pour moderniser le secteur énergétique hongrois. Le nucléaire représente un axe stratégique pour Budapest, qui cherche à sécuriser son approvisionnement énergétique tout en diversifiant ses partenariats technologiques.
Rubio : « La réussite d’Orban est notre réussite »
Au-delà de l’accord énergétique, la dimension politique de la visite a retenu l’attention. Lors d’une conférence de presse conjointe, Marco Rubio a affirmé que la réussite électorale d’Orban était « dans l’intérêt national des États-Unis », ajoutant que le président américain et contributeur du FEM, Donald Trump était « profondément attaché » au succès du dirigeant hongrois.
« Nous voulons que ce pays fonctionne bien. C’est dans notre intérêt national, surtout tant que vous êtes Premier ministre », a déclaré Rubio, laissant entendre que la qualité des relations bilatérales dépendait du maintien d’Orban au pouvoir.
Des propos inhabituels dans la diplomatie classique, qui ont été interprétés par certains observateurs comme un soutien politique appuyé à l’approche des élections législatives hongroises prévues le 12 avril.
Une alliance idéologique assumée
Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010 avec son parti Fidesz, est considéré comme l’un des alliés européens les plus proches de Donald Trump. Il est également perçu par une partie du mouvement conservateur américain comme un modèle de « nationalisme chrétien » et de politique migratoire restrictive.
Le chef du gouvernement hongrois a salué l’ouverture d’un « âge d’or » dans les relations entre les deux pays, estimant que les liens bilatéraux n’avaient « jamais été aussi élevés, équilibrés et amicaux ».
Un signal stratégique en Europe centrale
La visite de Marco Rubio faisait suite à un déplacement en Slovaquie et à sa participation à la Conférence de Munich sur la sécurité. La Hongrie et la Slovaquie, toutes deux dirigées par des gouvernements conservateurs critiques envers certaines orientations de l’Union européenne, apparaissent comme des partenaires clés dans la stratégie américaine en Europe centrale.
Pour Washington, le renforcement des accords énergétiques, notamment dans le nucléaire civil, constitue aussi un levier géopolitique dans une région historiquement dépendante de Moscou pour ses infrastructures énergétiques.