You are currently viewing Flotte fantôme russe : Moscou a commencé a escorté ses pétroliers sanctionnés selon la Royal Navy britannique
Le destroyer russe RFS Vitse Admiral Kulakov. Photo : @ Brian Burnell

Flotte fantôme russe : Moscou a commencé a escorté ses pétroliers sanctionnés selon la Royal Navy britannique

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:MONDE
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

Selon la Royal Navy, la Russie a franchi un nouveau seuil en escortant désormais sa « flotte fantôme » de pétroliers avec des bâtiments de guerre. Cette militarisation du contournement des sanctions occidentales intervient après plusieurs saisies récentes de navires soupçonnés d’exporter illégalement du pétrole russe. Elle fait redouter une montée des tensions en mer du Nord, en Manche et en Méditerranée.

L’alerte est prise très au sérieux à Londres. La Royal Navy affirme que la Russie protège désormais activement ses pétroliers de la « flotte fantôme » en les escortant avec des navires de guerre. Une évolution qualifiée d’escalade, alors que les interceptions occidentales visant ces tankers soupçonnés de contourner les sanctions se multiplient depuis plusieurs mois.

Cette flotte dite « fantôme » constitue l’un des piliers de la résilience économique russe depuis l’embargo européen sur le pétrole instauré en 2022. Elle regrouperait près de 600 navires vieillissants, souvent dépourvus d’assurance valide ou de pavillon clairement identifié, utilisés pour exporter du brut en dehors du plafond de prix fixé par le G7. Malgré leur état et leur statut juridique incertain, ces bâtiments continuent de générer des milliards de dollars de revenus pour Moscou.

Or, les États occidentaux durcissent leur réponse. En Méditerranée, la France a récemment arraisonné le tanker Grinch, également connu sous le nom de Carl, en mer d’Alboran, avec l’appui des autorités britanniques. Le navire a ensuite été escorté jusqu’au golfe de Fos pour une enquête portant sur un « défaut de pavillon ». Dans l’Atlantique Nord, un autre pétrolier, le Boracay, a été redirigé vers le port de Saint-Nazaire dans le cadre d’une opération similaire.

C’est dans ce contexte que Moscou a décidé de recourir à une protection militaire directe. Fin janvier 2026, la corvette Boikiy, rattachée à la flotte de la Baltique, a escorté un tanker placé sous sanctions à travers la Manche. L’opération s’est déroulée sous étroite surveillance britannique, avec la présence des patrouilleurs HMS Mersey et HMS Severn.

Selon la Royal Navy, il ne s’agit pas d’un cas isolé. Des escortes militaires russes avaient déjà été observées dès juin 2025 dans le détroit de la Manche. Depuis, les autorités russes ont durci leur discours, qualifiant toute tentative future d’interception de « piraterie ». Londres, de son côté, assume une ligne de fermeté, promettant de « resserrer l’étau » sur les flux pétroliers finançant l’effort de guerre russe.

Pour les autorités britanniques, les arguments juridiques de Moscou ne tiennent pas. La Russie invoque la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) pour justifier une « protection légitime » de ses navires. Mais Londres rétorque que nombre de ces pétroliers sont de facto apatrides, ce qui les rend saisissables en droit international. La Royal Navy a donc renforcé sa surveillance, mobilisant patrouilleurs, frégates et hélicoptères Merlin pour appuyer ses alliés.

À Paris comme à Kiev, ces opérations sont saluées comme des coups portés aux financements de la guerre en Ukraine. Elles traduisent toutefois une militarisation croissante des routes énergétiques. Les analystes soulignent plusieurs risques : l’usure accélérée des frégates russes mobilisées pour des missions d’escorte prolongées, la montée des tensions en mer du Nord et en Baltique, et la possibilité d’une extension à des escortes aériennes russes.

Derrière ces manœuvres, un bras de fer stratégique se dessine. Pour Moscou, il s’agit de préserver une source vitale de revenus. Pour les Occidentaux, d’empêcher que les sanctions ne soient vidées de leur substance. Entre les deux, les routes maritimes européennes deviennent un théâtre de confrontation indirecte, où chaque interception ou escorte armée rapproche un peu plus les flottes d’un incident aux conséquences difficilement maîtrisables.

Sources :

Sources primaires sur l’escorte par warships (Royal Navy/UK)

  • The War Zone (21 janv. 2026) : Corvette Boikiy escorte tanker dans la Manche ; réponse russe aux saisies.
  • United24 Media (25 janv. 2026) : « Russia has begun escorting its shadow fleet with warships, the UK’s Royal Navy said ».
  • Army Recognition (25 janv. 2026) : Marine néerlandaise escorte Boikiy + tanker General Skobolev en mer du Nord.
  • Navy Lookout (23 janv. 2026) : HMS Mersey / Severn surveillent navires russes près UK.
  • Militarnyi (24 janv. 2026) : Tanker évite interception grâce à flotte Baltique.

Sources sur saisies récentes (focus France/Grinch)

  • Le Monde (25 janv. 2026) : Capitaine du Grinch (58 ans, indien) en garde à vue ; saisie 22 janv. mer d’Alboran, escorte vers Marseille-Fos ; 598 navires sanctionnés UE.
  • Ouest-France / Marine nationale (24 janv. 2026) : Vidéo de l’arraisonnement par hélicoptères français.
  • YouTube / What’s Going on With Shipping (24 janv. 2026) : Analyse saisie Grinch ; contexte Boracay.​
  • Reddit / r/FrenchArmedForces (23 janv. 2026) : Équipage en mesure de restriction ; capitaine interrogé à Marseille.

Analyses complémentaires

  • The Moscow Times (20 janv. 2026) : Russie déploie escortes et hommes armés à bord.
  • BBC (23 janv. 2026) : Tankers traversent Manche sous surveillance.

Laisser un commentaire