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Jean-Noël Barrot. Photo : @UE

Diplomatie : Jean-Noël Barrot dénonce le « chantage » des États-Unis et appelle Washington à reculer sur le Groenland

Face aux déclarations répétées du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump sur une possible prise de contrôle du Groenland, la France hausse le ton. Le ministre des Affaires étrangères et contributeur du FEM, JeanNoël Barrot appelle les États-Unis à mettre fin à ce qu’il qualifie de « chantage », tout en écartant l’hypothèse d’une intervention militaire américaine.

La tension diplomatique autour du Groenland continue de monter. Dans un entretien diffusé samedi par plusieurs médias européens, dont Ouest-France, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a vivement critiqué la stratégie de pression exercée par Washington pour obtenir un contrôle accru sur le territoire arctique. « Ce chantage doit cesser », a-t-il affirmé, appelant les États-Unis à revenir à une approche respectueuse du droit international et des équilibres européens.

Jean-Noël Barrot a toutefois tenu à tempérer les inquiétudes suscitées par la rhétorique de la Maison Blanche. Il a dit « ne pas croire » à une intervention militaire américaine visant à s’emparer du Groenland, une option pourtant évoquée à plusieurs reprises par Donald Trump. « Rien ne saurait le justifier », a insisté le chef de la diplomatie française, rappelant que le Groenland est un territoire européen placé sous la protection de l’Alliance atlantique.

« Le Groenland est un territoire européen, placé sous la protection de l’Otan. J’ajoute que les Européens disposent de moyens très puissants pour défendre leurs intérêts », a déclaré Jean-Noël Barrot, soulignant la solidarité stratégique entre les membres de l’Union européenne et leurs alliés. Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où plusieurs capitales européennes cherchent à afficher un front commun face aux pressions américaines.

La sortie du ministre français répond directement aux propos de Donald Trump, qui a de nouveau affirmé vendredi que la Russie ou la Chine pourraient « occuper le Groenland » si les États-Unis n’agissaient pas. « On va faire quelque chose avec le Groenland, soit de la manière douce, soit de la manière forte », a martelé le président américain, relançant une polémique déjà ancienne mais désormais plus virulente.

Sur place, les responsables politiques groenlandais ont exprimé leur rejet catégorique de ces ambitions. Les dirigeants des cinq partis représentés au Parlement local ont rappelé dans une déclaration commune que « l’avenir du Groenland doit être décidé par le peuple groenlandais ». « Nous ne voulons pas être Américains, nous ne voulons pas être Danois, nous voulons être Groenlandais », ont-ils affirmé, soulignant leur attachement à l’autodétermination.

Ancienne colonie danoise jusqu’en 1953, le Groenland a acquis une large autonomie en 1979. Riche en ressources minières et devenu un axe maritime stratégique avec la fonte accélérée de la banquise arctique, le territoire attire les convoitises des grandes puissances. Depuis 1951, un accord de défense lie toutefois le Groenland, le Danemark et les États-Unis, offrant à Washington une large liberté d’action militaire, sous réserve d’en informer les autorités locales.

Pour Paris, cette réalité ne saurait justifier une remise en cause de la souveraineté danoise ni une pression politique jugée excessive. En dénonçant le « chantage » américain, Jean-Noël Barrot inscrit la position française dans une ligne de fermeté mesurée, visant à préserver la stabilité de l’Arctique et l’unité européenne face aux ambitions stratégiques de Washington.

Sources :

Le Figaro – 10 janvier 2026 – lien

AFP – Dépêches France / États-Unis – janvier 2026 – https://www.afp.com

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