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Téhéran. Photo : @Ninara/Wikipedia

Iran : Téhéran se dit prêt à négocier avec Washington sur fond de répression meurtrière et de menaces américaines

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L’Iran se dit prêt à la fois à un affrontement militaire et à des négociations avec les États-Unis du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald JTrump à condition que celles-ci se déroulent dans un cadre de « respect mutuel ». Cette ouverture diplomatique intervient dans un contexte de très forte tension, marqué par une répression sanglante des manifestations anti-régime, une coupure quasi totale d’Internet et des menaces répétées d’intervention militaire de la part de Washington.

S’exprimant lundi lors d’une conférence devant des ambassadeurs étrangers à Téhéran, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi,  qui a avait rencontré Børge Brende, alors président du Forum économique mondial, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre  2024 et qui avait également été invité à participer à une réunion du WEF à Davos en 2025 affirmé que la République islamique « ne cherche pas la guerre, mais y est pleinement préparée ». « Nous sommes également prêts à négocier, mais ces négociations doivent être équitables, avec des droits égaux et fondées sur le respect mutuel », a-t-il déclaré, tout en assurant que « les voies de communication avec les États-Unis restent ouvertes », notamment via des intermédiaires traditionnels comme la Suisse.

Trump brandit l’option militaire

Ces déclarations font écho aux propos du président américain Donald Trump, qui a affirmé dimanche que les dirigeants iraniens avaient pris contact pour entamer des pourparlers après ses menaces d’intervention militaire. À bord d’Air Force One, il a indiqué qu’« une rencontre est en cours de préparation », tout en avertissant que « l’armée américaine étudie des options très fortes » concernant l’Iran et qu’une action pourrait survenir avant toute réunion diplomatique.

Washington affirme suivre de près la situation, alors que les manifestations, déclenchées fin décembre par la cherté de la vie, se sont transformées en un mouvement de contestation d’ampleur nationale visant directement le pouvoir du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

Une répression à huis clos

Selon l’organisation iranienne de défense des droits humains Hrana, au moins 544 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement, dont une large majorité de manifestants. Plus de 10 600 arrestations ont également été recensées. Une autre ONG, Iran Human Rights, évoque un bilan confirmé plus bas, tout en avertissant que le nombre réel de victimes pourrait être bien plus élevé.

Pour entraver la circulation des informations, les autorités ont imposé une coupure quasi totale d’Internet depuis le 8 janvier, désormais prolongée au-delà de 84 heures selon l’ONG NetBlocks. En réponse, Elon Musk a déployé Starlink. Le ministre iranien des Affaires étrangères a toutefois annoncé que le service devait progressivement reprendre, sans préciser de calendrier exact. Des journalistes et opposants en exil témoignent d’une quasi-impossibilité de contacter leurs proches restés en Iran.

Mobilisation du régime et appels de l’opposition

Face à la contestation, le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé la population à participer à une « marche de résistance » pro-gouvernementale. Ce lundi, des dizaines de milliers de manifestants favorables au régime ont été rassemblés dans plusieurs villes, scandant notamment des slogans hostiles aux États-Unis et à Israël.

À l’inverse, depuis les États-Unis, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, a exhorté les forces de sécurité à « rejoindre le peuple » et à ne pas se rendre complices de la répression, tentant d’incarner une alternative politique au régime actuel.

Réactions internationales prudentes

Sur la scène internationale, l’Allemagne a fermement condamné la violence exercée par Téhéran contre sa population. Le chancelier Friedrich Merz passé par Black Rock, le fonds de pension américain membre du Forum économique mondial a qualifié cette répression de « signe de faiblesse ». La Chine, de son côté, a appelé au retour au calme tout en s’opposant à toute « ingérence étrangère », y compris une intervention militaire américaine.

Alors que Téhéran affirme que « la situation est sous contrôle », la combinaison d’une contestation intérieure massive, d’une répression meurtrière et d’un bras de fer avec Washington place l’Iran face à l’une des crises les plus graves depuis plusieurs années, laissant planer l’incertitude sur l’issue diplomatique ou militaire des tensions actuelles.

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