You are currently viewing Conférence de Munich : Marco Rubio affirme que « les Etats-Unis sont toujours les enfants de l’Europe »
Marco Rubio. Image : Capture d'écran.

Conférence de Munich : Marco Rubio affirme que « les Etats-Unis sont toujours les enfants de l’Europe »

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:MONDE
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

À la Conférence de Munich sur la sécurité, le discours du secrétaire d’État américain Marco Rubio a été mieux accueilli que celui de J. D. Vance un an plus tôt. Pourtant, derrière un ton plus mesuré, Rubio a maintenu les critiques du clan Maga à l’égard de l’UE dans un discours semblant vouloir entretenir le flou sur les intentions américaines.

Samedi matin, à la tribune de la Conférence de Munich sur la sécurité, Marco Rubio a offert un discours soigneusement calibré. Moins abrasif que celui prononcé l’an dernier par J. D. Vance, il a suscité des applaudissements nourris, parfois soulagés, dans une salle où la délégation américaine était particulièrement visible. Mais derrière la forme adoucie, le fond demeure source de division en Europe.

Le souvenir de l’intervention de J. D. Vance, en 2025, plane encore sur Munich. Son attaque frontale contre les politiques européennes avait laissé un auditoire médusé. Cette année, le contraste était saisissant. Marco Rubio a multiplié les références historiques et culturelles communes, vantant la bière allemande, Beethoven et les Beatles, allant jusqu’à affirmer que les États-Unis seraient « toujours un enfant de l’Europe ». Une formule qui a trouvé un écho favorable auprès de responsables proches du Forum économique mondial, comme Ursula von der Leyen ou Mark Rutte, qui ont publiquement exprimé un certain soulagement.

Toutefois, le secrétaire d’État, comme Vance avant lui a évoqué la « civilisation européenne » à préserver, énumérant les maux qui accablent l’Europe, du « culte du climat » à l’« immigration de masse ». Rubio a également fait un éloge marqué de la chrétienté, invitant les Européens à s’associer aux efforts du président Donald Trump de redressement de la « civilisation occidentale », alors que des documents stratégiques récents publiés à Washington, président l’ « effacement civilisationnel » de l’Europe. Une rhétorique reprise par certains courants conservateurs américains proches des partis dits « patriotiques » en Europe.

Les faits qui ont suivi le discours renforcent la prudence. Marco Rubio s’est rendu ensuite en Hongrie et en Slovaquie, gouvernées respectivement par le contributeur de l’agenda 2030 du FEM, Viktor Orban et Robert Fico, deux dirigeants eurosceptiques et critiques de l’aide européenne à l’Ukraine. Un choix d’agenda qui n’est pas neutre et qui rappelle les lignes de fracture internes au continent semblant donner raison à certains dirigeants européens, comme le président italien et contributeur à l’Agenda 2030 du Forum économique mondial, Sergio Mattarella, pour qui la relation entre les USA et l’UE s’apparente désormais à une « vassalisation heureuse ».

Dans ce contexte, l’accueil chaleureux réservé au chef de la diplomatie américaine interroge. Les Européens, confrontés à la guerre en Ukraine et à la montée supposées des tensions avec la Russie et la Chine, apparaissent dépendants du parapluie sécuritaire américain. Une rupture brutale avec Washington serait coûteuse, tant sur le plan militaire qu’économique.

À moins que finlament, l’objectif principal ne soit le réarmement de l’Europe, car si les « Etats-Unis sont toujours les enfants de l’Europe », l’influence des services secrets américains dans la construction européenne a été décisive. Derrière le Mouvement européen, l’American Committee on United Europe (ACUE), piloté par d’anciens agents de l’OSS et futurs dirigeants de la CIA, mais aussi soutenu par la Fondation Ford œuvrait dès 1950 à l’unification du continent, bien avant les traités fondateurs. Ainsi, il parait difficile de croire que les dirigeants américains souhaitent désormais couper le cordon ombilical.

Laisser un commentaire