En pleine vague de chaleur exceptionnelle, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a vivement critiqué les appels à une généralisation massive de la climatisation. Pour elle, cette solution ne peut constituer qu’une réponse d’urgence et ne saurait remplacer une stratégie globale d’adaptation au changement climatique.
Alors qu’une canicule d’une ampleur rare continue de frapper une grande partie du territoire français, le débat sur la généralisation de la climatisation s’invite une nouvelle fois dans l’espace public. En déplacement au siège d’Airparif, à Paris, vendredi 26 juin, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a exprimé avec fermeté son opposition à l’idée de faire de la climatisation la réponse centrale face au réchauffement climatique.
« Je suis horrifiée par les gens qui me disent : “Oh mais il y a qu’à mettre la clim’ partout” », a déclaré la ministre devant des journalistes. Une prise de position qui intervient alors que les épisodes de chaleur extrême se multiplient en France et dans l’ensemble de l’Europe.
Pour Monique Barbut, la climatisation ne peut être envisagée que comme une mesure ponctuelle destinée à protéger les populations les plus vulnérables lors des pics de chaleur. « Il faut forcément, bien évidemment, que les gens ne suffoquent pas », a-t-elle reconnu, tout en insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une véritable politique d’adaptation.
La ministre a estimé qu’une généralisation de la climatisation ne permettrait en rien de répondre aux conséquences profondes du changement climatique. Elle a notamment évoqué les incendies de forêt, les difficultés rencontrées par le secteur agricole ou encore le déclin de certaines espèces animales. « Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ? Vous croyez que ça va éviter une culture de ne pas exister ? Vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ? », a-t-elle interrogé.
Cette question divise fortement la classe politique française. Le Rassemblement national défend notamment l’idée d’un vaste plan de climatisation des bâtiments, tandis que les écologistes alertent régulièrement sur les effets potentiellement contre-productifs d’un recours massif à ces équipements, en raison notamment de leur consommation énergétique et du rejet de chaleur qu’ils peuvent générer dans les zones urbaines.
Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse largement le seul champ environnemental. Monique Barbut a rappelé que l’adaptation au changement climatique constitue une politique de long terme qui concerne l’ensemble de l’économie. Selon elle, les transformations nécessaires toucheront aussi bien l’industrie que l’agriculture, les transports ou encore l’aménagement des territoires.
Alors que près des deux tiers de la France restent confrontés à des températures exceptionnellement élevées, l’exécutif insiste ainsi sur la nécessité de préparer durablement le pays aux effets du dérèglement climatique plutôt que de privilégier uniquement des réponses d’urgence.
Sources :
BFM TV – Article publié le 26 juin 2026 – https://www.bfmtv.com/
AFP – Dépêche reprise par BFM TV – https://www.afp.com/
