À moins de deux mois du scrutin, le président sortant de la Métropole de Lyon a transformé sa cérémonie de vœux en démonstration politique. Devant ses militants, Bruno Bernard a défendu six années de mandat, revendiqué une « nouvelle étape » et ciblé sans détour ses adversaires.
La scène se voulait à la fois solennelle et offensive. Ce vendredi soir, à la piscine du Rhône à Lyon, Bruno Bernard, président sortant de la Métropole de Lyon et candidat à sa réélection, a présenté ses vœux devant un public acquis à sa cause. L’événement, organisé à moins de deux mois des élections, avait des allures de meeting, réunissant l’ensemble des têtes de liste de l’union de la gauche et des écologistes, à l’exception des Insoumis, ainsi que le maire de Lyon, Grégory Doucet.
Au cœur de son discours, Bruno Bernard a longuement défendu le bilan de ses six années à la tête de l’exécutif métropolitain, avant de s’en prendre frontalement à son opposante directe, Véronique Sarselli, et à son allié, Jean-Michel Aulas. Sous les applaudissements, il a dénoncé l’inaction en matière de logement dans certaines communes, évoquant une élue « à la tête d’une commune qui bloque la construction et préfère payer un million d’euros de pénalités en 2026 plutôt que de construire ».
Le candidat écologiste a également revendiqué « une nouvelle étape avec une équipe renouvelée », mettant en avant un projet qu’il qualifie de collectif et tourné vers l’avenir. Dans un discours clairement ancré à gauche, les thèmes du logement, de l’égalité territoriale et de la justice sociale ont dominé, reléguant l’écologie au second plan, sans toutefois l’effacer. Bruno Bernard a opposé cette ligne à celle de ses adversaires, qu’il accuse d’instrumentaliser la notion de société civile tout en s’appuyant majoritairement sur des élus ou anciens élus.
Très critique à l’égard du climat de campagne, le président sortant a dénoncé des « discours caricaturaux » et des « fake-news », fustigeant des adversaires qu’il juge prêts à « raconter n’importe quoi ». « Je préfère les chiffres et le rationnel aux promesses impossibles », a-t-il martelé, revendiquant « le sérieux plutôt que l’esbroufe », la sincérité face à ce qu’il a qualifié d’hypocrisie et de « pipeau ».
La soirée avait été ouverte par Kheira Boukralfa, tête de liste sur la circonscription Lyon-Centre et initiatrice de la tribune lançant la candidature de Bruno Bernard pour un second mandat. Trois représentants de la société civile lui ont succédé, défendant l’idée d’une Métropole « qui protège, qui relie » et qui permette à ses habitants d’envisager l’avenir sans crainte.
Moment fort de la soirée, l’intervention de la députée écologiste Marie-Charlotte Garin, tête de liste sur Lyon Sud-Est, a été longuement saluée. Appelant à la mobilisation, elle a dénoncé ce qu’elle a qualifié de « grand enfumage du ni de droite ni de gauche », qu’elle assimile à une politique « très très à droite », visant implicitement Jean-Michel Aulas, soutenu par une large majorité d’élus de droite.
Bruno Bernard a également invité sur scène la maire socialiste de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy, courtisée par le président de Grand Cœur Lyonnais. Sans attaquer frontalement le tandem Aulas-Sarselli, elle a défendu le bilan de l’exécutif métropolitain, mettant en avant les investissements dans les quartiers populaires et les projets de transports, du tramway T9 au Mas du Taureau aux futures lignes T10 et T8.
En conclusion, Bruno Bernard a décrit une élection structurée autour de « deux visions ». La sienne, déjà partiellement dévoilée, s’articule autour du développement des transports, de l’encadrement du foncier, du renforcement des loyers et du déploiement du bail réel solidaire. En face, il a dénoncé une vision qu’il attribue à Laurent Wauquiez et à un « candidat de droite » à la mairie de Lyon, accusé de remettre en cause certaines politiques sociales et de tenter, selon lui, de réécrire son propre passé politique. Bruno Bernard a accusé Jean-Michel Aulas d’essayer de « faire croire qu’il était responsable de l’Unef à Lyon pendant mai 68 » en référence aux révélations de L’Arrière Cour. Nos confrères ont interrogé Daniel Cohn-Bendit et Pierre Bauby, le président de l’UNEF durant mai 68 qui n’ont aucun souvenir de Jean-Michel Aulas.
Dans un article publié le 21 février dernier, nous avions déjà révélé que Jacques Wajnsztejn, figure des Gilets jaunes qui avait joué un rôle majeur lors de mai 68, nous avait déjà confié qu’il n’avait jamais entendu parler de JMA à l’époque. Il nous avait fait ses révélations, bien avant l’annonce de la candidature de JMA aux municipales, avant même le début de la crise sanitaire, lorsqu’Aulas était encore président de l’OL.
Sources :
Lyon Capitale, L’Arrière Cour