Nous l’avions évoqué dans un article publié le 21 février dernier, l’Arrière cour le confirme… La version de Jean-Michel Aulas revendiquant un passé actif lors des événements de Mai 68, ne semble pas résister à l’épreuve des faits. Explications.
Jean-Michel Aulas affirme à qui veut l’entendre que durant les événements de Mai 68, il avait rejoint Daniel Cohn-Bendit à la Sorbonne et participé à l’inscription du célèbre slogan « Il est interdit d’interdire » sur le fronton de l’université. Une manière, dit-il, de résumer sa vision du monde et son engagement politique initial à gauche. Il est notamment revenu sur cette épisode début janvier sur le plateau de Quelle époque, animé par Léa Salamé, ou lors de l’interview qu’il a accordé au paysagiste, Robin Gervais .
Pour étayer son propos, l’ancien président de l’Olympique lyonnais affirme également avoir occupé, à l’époque, la présidence de l’UNEF à Lyon, ce qui l’aurait placé « en première ligne » durant le mouvement. Un récit romanesque, presque fondateur, qui participe à la construction d’une image personnelle ancrée dans l’héritage soixante-huitard.
Dans un article publié le 21 février dernier, nous avions déjà révélé que Jacques Wajnsztejn, figure des Gilets jaunes qui avait joué un rôle majeur lors de mai 68, nous avait déjà confié qu’il n’avait jamais entendu parler de JMA à l’époque. Il nous avait fait ses révélations, bien avant l’annonce de la candidature de JMA aux municipales, avant même le début de la crise sanitaire, lorsqu’Auras était encore président de l’OL.
Le média indépendant lyonnais L’Arrière Cour a depuis recueilli plusieurs témoignages qui jettent un sérieux doute sur les déclarations du candidat Alas. À commencer par Daniel Cohn-Bendit lui-même, qui indique ne conserver aucun souvenir de la présence de Jean-Michel Aulas à ses côtés durant cette période.
La contradiction la plus nette vient toutefois de Pierre Bauby, chercheur en sciences politiques et acteur direct du mouvement étudiant lyonnais. Celui-ci affirme sans détour que Jean-Michel Aulas ne pouvait être président de l’UNEF à Lyon en mai 1968, puisqu’il occupait lui-même cette fonction à l’époque. Au-delà de la question des titres, Pierre Bauby estime par ailleurs que le parcours et les positions ultérieures de Jean-Michel Aulas l’éloignent sensiblement de l’esprit et des idéaux portés par le mouvement de 1968.
Sources :
L’Arrière Cour – X-Pression