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Alex Pretti. Photo : DR

Alex Pretti : portrait de l’infirmier tué à Minneapolis lors d’une intervention de la police de l’immigration

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Abattu en pleine rue par des agents fédéraux à Minneapolis, Alex Pretti, infirmier de 37 ans, est devenu en quelques heures le symbole d’une bavure policière aux États-Unis. D’abord présenté comme une menace par l’administration fédérale, son parcours personnel et professionnel dessine le visage d’un soignant engagé, soucieux des autres et profondément attaché à la justice sociale.

La scène s’est déroulée samedi, sur une chaussée enneigée de Minneapolis. Alex Pretti, infirmier de 37 ans, aide une femme à se relever après qu’elle a été violemment bousculée par un agent de l’ICE, la police américaine de l’immigration. Quelques secondes plus tard, il est gazé, plaqué au sol par plusieurs agents fédéraux, puis mortellement touché par une salve de tirs. Les images, filmées par des témoins et largement diffusées sur les réseaux sociaux, ont fait le tour du monde.

Dans les heures qui ont suivi, les autorités fédérales, sous l’administration du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial,Donald J. Trump, ont présenté Alex Pretti comme un « terroriste national » menaçant les forces de l’ordre. Une version rapidement remise en cause par l’analyse des vidéos, relayée par plusieurs médias américains. Celles-ci montrent un homme tournant le dos aux agents, occupé à porter assistance, et désarmé au moment des tirs. L’arme qu’il portait légalement à la ceinture aurait été retirée par un agent fédéral alors qu’il était déjà immobilisé au sol.

Infirmier en unité de soins intensifs à l’hôpital des anciens combattants de Minneapolis, Alex Pretti était décrit par ses collègues comme un professionnel exemplaire. Interrogé par le New York Times, le Dr Dimitri Drekonja évoque « un collègue formidable et un très bon ami », apprécié pour ses compétences, son efficacité et son tempérament toujours souriant. Ruth Anway, également infirmière, se souvient d’un homme animé par un besoin constant d’être utile, de contribuer à quelque chose de plus grand que lui.

Son engagement dépassait largement le cadre hospitalier. Selon ses proches, Alex Pretti suivait avec inquiétude l’évolution politique et sociale des États-Unis, notamment les opérations menées par l’ICE à Minneapolis et ailleurs dans le pays. Son père, Michael Pretti, confie à l’Associated Press que son fils considérait la manifestation comme un moyen légitime d’exprimer sa solidarité avec les autres. Sa mère, Susan Pretti, souligne son attachement aux questions environnementales et son amour pour la nature, qu’il pratiquait notamment à travers le VTT.

Voisin et ami, Chris Gray décrit sur CNN un homme profondément ancré dans sa communauté, engagé pour la justice sociale et l’équité. Il réfute catégoriquement l’idée d’une violence de la part de l’infirmier et parle au contraire d’une « résistance communautaire massive et non violente ». Une vision partagée par de nombreux habitants du quartier, pour qui Alex Pretti incarnait un lien humain dans une période de tensions exacerbées.

Divorcé, vivant avec son chien, Alex Pretti économisait pour acheter une maison et une voiture. Conscients des risques, ses parents lui avaient récemment recommandé la prudence lors des manifestations. Deux semaines avant sa mort, ils avaient insisté pour qu’il évite toute confrontation. « Il nous avait répondu qu’il savait », raconte son père. « Il le savait. »

Depuis samedi soir, l’émotion reste vive à Minneapolis. Un mémorial improvisé s’est formé sur le lieu de sa mort, où bougies, fleurs et pancartes réclamant justice se succèdent. La mort d’Alex Pretti, soignant et citoyen engagé, interroge une nouvelle fois l’usage de la force par les autorités fédérales et le climat politique qui entoure les manifestations aux États-Unis.

Sources :

Le FigaroLe Parisien

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