You are currently viewing États-Unis : l’exécution d’Alex Pretti à Minneapolis ravive la crise politique et sécuritaire aux États-Unis
Image : Capture d'écran réseaux sociaux

États-Unis : l’exécution d’Alex Pretti à Minneapolis ravive la crise politique et sécuritaire aux États-Unis

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:MONDE
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

Abattu par des agents fédéraux de l’immigration lors d’une manifestation à Minneapolis, Alex Pretti, infirmier de 37 ans, est devenu le symbole d’une escalade répressive qui embrase les États-Unis. Les images de sa mort contredisent frontalement la version officielle défendue par l’administration Trump et alimentent une vague de colère nationale.

La mort d’Alex Pretti s’inscrit dans une séquence de tensions extrêmes qui secouent les États-Unis depuis le début de l’année. Samedi, à l’intersection de Nicollet Avenue et de la 26e rue, à Minneapolis, cet infirmier de 37 ans a été mortellement touché par des tirs d’agents fédéraux de l’Immigration and Customs Enforcement, en marge d’une manifestation contre les opérations de la police de l’immigration. Les faits, documentés par de nombreuses vidéos amateurs, ont plongé la ville dans un état de sidération.

Sur les images relayées par les réseaux sociaux et analysées notamment par le média d’investigation Bellingcat, Alex Pretti apparaît d’abord en train de filmer une intervention d’agents de l’ICE face à deux femmes. La situation dégénère lorsqu’un agent bouscule l’une d’elles, puis la projette au sol. L’infirmier s’interpose alors pour lui porter secours, se plaçant entre la manifestante et les forces fédérales. Il est aspergé d’un spray incapacitant, plaqué au sol par plusieurs agents, maintenu immobilisé, avant qu’une série de tirs ne retentisse. Selon Bellingcat, au moins dix coups de feu ont été tirés, dont la majorité alors que la victime était déjà inerte.

Très rapidement, l’administration des contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump a présenté Alex Pretti comme un individu armé et dangereux, allant jusqu’à le qualifier de « terroriste intérieur ». La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a affirmé que l’infirmier s’était approché des agents avec un pistolet semi-automatique, justifiant ainsi l’usage létal de la force. Un récit largement contesté par les images disponibles. Si Alex Pretti détenait bien un permis légal de port d’armes, comme l’a confirmé le chef de la police de Minneapolis Brian O’Hara, aucune vidéo ne montre l’arme dégainée. Au contraire, on y distingue un agent retirer le pistolet de son pantalon alors qu’il est déjà neutralisé, juste avant l’ouverture du feu.

Sa mort intervient moins de trois semaines après celle de Renee Good, tuée par balles le 7 janvier, également lors d’une intervention de l’ICE à Minneapolis. Deux affaires qui, pour de nombreux observateurs, dessinent un schéma inquiétant. D’autant plus que de nombreuses manifestations avaient eu lieu après la mort de Renee Good et qu’entre temps l’arrestation de Liam Conejo Ramos, âgé de 5 ans, le 20 janvier, devant sa maison alors qu’il était de retour de l’école en compagnie de son père par des agents de l’ICE, la police fédérale de l’immigration, est devenue un symbole viral des abus perpétrés par les agents fédéraux à Minneapolis.

Indignés par la mort de Pretti, de nombreux habitants de Minneapolis sont descendus dans la rue malgré des températures polaires, bien en dessous de zéro dans une large partie du pays. Leur mobilisation visait à dénoncer les méthodes de la police fédérale de l’immigration, instaurée sous la présidence de Donald Trump. Samedi soir, à la tombée de la nuit, des bougies ont été déposées devant des habitations recouvertes de neige, en signe de soutien aux manifestants et en hommage à l’infirmier. Initialement prévue samedi soir à Minneapolis, la rencontre de NBA entre les Minnesota Timberwolves et les Golden State Warriors a été reportée à dimanche soir.

Des rassemblements massifs ont eu lieu dans plusieurs villes américaines. À New York, plus d’un millier de personnes se sont réunies à Union Square, tandis que des manifestations ont également été signalées à Los Angeles, San Francisco, Oakland ou San Jose.

Sur le plan institutionnel, l’État du Minnesota a engagé une procédure judiciaire pour demander la suspension des opérations de l’ICE sur son territoire. Le gouverneur Tim Walz estime que ces violences sont la conséquence directe du déploiement d’agents fédéraux en tenue quasi militaire. Le procureur général Keith Ellison a, de son côté, annoncé le dépôt d’une plainte visant à empêcher la destruction de preuves liées à la mort d’Alex Pretti. Plusieurs responsables locaux, dont la maire de Los Angeles Karen Bass et la gouverneure du Maine Janet Mills, ont publiquement demandé le retrait des agents fédéraux de leurs États.

Malgré cette fronde politique, l’administration Trump maintient sa ligne. La procureure générale Pam Bondi a accusé les autorités du Minnesota de favoriser le chaos par leurs politiques dites « sanctuaires » et a exigé la transmission de données sensibles aux services fédéraux. Une posture qui renforce l’impression d’un bras de fer institutionnel majeur, au moment où la mort d’Alex Pretti continue de cristalliser les fractures politiques, sociales et morales du pays.

Sources :

Médiapart, Le Parisien

Laisser un commentaire