Le député La France Insoumise Thomas Portes a saisi le 9 mai 2026 la procureure de la République de Paris en vertu de l’article 40 du Code de procédure pénale, après la diffusion d’une vidéo dans laquelle Pierre-Jean Chalençon tient des propos racistes, antimusulmans et homophobes. L’animateur et collectionneur, filmé depuis Bangkok, s’en prend à l’islam, au gouvernement et adresse des menaces directes à l’élu de Seine-Saint-Denis. L’association SOS Racisme a également déposé plainte.
Pierre-Jean Chalençon, personnalité connue pour ses apparitions télévisées et sa collection d’objets historiques, a publié depuis Bangkok une vidéo dans laquelle il s’exprime sur les dégradations survenues à Paris après la qualification du Paris Saint-Germain. Dans cet enregistrement, il insulte la religion musulmane, qualifie le gouvernement de “tafiottes”, formule des menaces de viol à l’adresse du député Thomas Portes et conclut par “Vive Jean-Marie Le Pen”. Les propos, rapidement relayés sur les réseaux sociaux, ont immédiatement suscité l’indignation dans le milieu politique et associatif.
La saisine de la procureure sous l’article 40
Thomas Portes a réagi dès le soir de la publication de la vidéo. Élu de Seine-Saint-Denis, il a activé l’article 40 du Code de procédure pénale, qui oblige tout fonctionnaire – et donc tout parlementaire – à signaler au procureur les crimes ou délits dont il a connaissance. Sa saisine cible les “propos racistes et appels au meurtre” contenus dans la vidéo. Le député a estimé que le seuil d’une simple polémique avait été largement dépassé et que les propos de Chalençon relevaient du pénal.
Des infractions potentiellement lourdes
Sur le plan juridique, les faits reprochés à Pierre-Jean Chalençon pourraient constituer plusieurs infractions distinctes. L’insulte publique à caractère religieux est punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. L’incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence fondée sur l’appartenance religieuse est passible des mêmes peines. Les menaces proférées à l’encontre d’un élu dans l’exercice de ses fonctions constituent par ailleurs une circonstance aggravante susceptible d’alourdir les sanctions encourues.
SOS Racisme et d’autres associations mobilisées
Parallèlement à la démarche du député, l’association SOS Racisme a annoncé avoir déposé une plainte auprès du procureur pour insulte publique à caractère raciste et incitation à la haine raciale. D’autres voix associatives se sont également élevées pour demander des poursuites. Si la procureure de Paris décide d’instruire les plaintes reçues, Pierre-Jean Chalençon pourrait se retrouver devant un tribunal correctionnel dans les prochains mois.
