Le Conseil d’État a confirmé le 9 mai 2026 l’interdiction de la marche annuelle du Comité du 9-Mai, collectif d’ultradroite, à Paris. Cette décision rejette le recours du mouvement contre un arrêté préfectoral, lui-même validé par le tribunal administratif de Paris. Le rassemblement n’avait pas connu une telle interdiction depuis 2008.
Le Comité du 9-Mai organise chaque année une marche en mémoire de Sébastien Deyzieu, militant nationaliste décédé accidentellement en 1994 lors d’une chute survenue pendant une confrontation avec les forces de l’ordre. Ce rassemblement est devenu au fil des années un rendez-vous emblématique de la mouvance nationaliste et d’ultradroite française. En 2026, la préfecture de police de Paris a décidé d’interdire l’événement. Le tribunal administratif de Paris a d’abord confirmé cette décision, avant que le Conseil d’État ne la valide définitivement le 9 mai 2026, rejetant le recours du collectif.
Des saluts nazis et un risque de heurts invoqués
Pour justifier l’interdiction, la préfecture et les juges ont mis en avant deux éléments principaux. D’une part, des saluts nazis observés lors du rassemblement de l’année précédente. D’autre part, un risque élevé de violences entre les participants et des groupes antifascistes qui s’opposent traditionnellement à cette marche. Le Comité du 9-Mai avait tenté de contester ces arguments en affirmant que le risque de violence proviendrait de ses adversaires plutôt que de ses membres. Le Conseil d’État a rejeté cette argumentation.
Un contexte de surveillance renforcée de l’ultradroite
Cette interdiction s’inscrit dans un contexte de surveillance accrue des mouvements d’ultradroite en France. La justice administrative avait simultanément validé l’interdiction d’une manifestation antifasciste prévue le même jour à Paris. En confirmant l’interdiction du Comité du 9-Mai, le Conseil d’État envoie un signal sur les limites du droit à manifester lorsque des troubles graves à l’ordre public sont anticipés. La question reste posée : cette décision découragera-t-elle durablement ce type de rassemblement, ou ne fera-t-elle que déplacer ces courants vers d’autres formes d’action ?
Source : Le Monde / France Info
