Le président vénézuélien Nicolas Maduro a surpris en multipliant les signaux d’apaisement à l’égard de Washington, qualifiant les États-Unis de « pays frère » et proposant des discussions approfondies. Ces déclarations, rapportées par Reuters, interviennent dans un contexte de fortes tensions militaires et diplomatiques dans la région caraïbe.
Le président vénézuélien Nicolas Maduro a tendu la main aux États-Unis, laissant entrevoir un possible tournant diplomatique après des mois d’escalade verbale et militaire. Dans une interview filmée diffusée à la télévision d’État vénézuélienne le soir du Nouvel An, le chef de l’État a proposé des « discussions sérieuses » avec l’administration américaine, notamment sur la lutte contre le trafic de drogue, tout en ouvrant la porte à un retour massif des investissements américains dans le secteur pétrolier du pays.
Ces propos marquent une inflexion notable dans le discours de Caracas, alors que les États-Unis ont récemment renforcé leur présence militaire dans le sud des Caraïbes. Jusqu’ici, le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump, n’a cessé de qualifier Nicolas Maduro de dirigeant « illégitime », l’accusant de diriger un narco-État et allant jusqu’à menacer ouvertement de le destituer. Le président vénézuélien affirme de son côté que Washington cherche avant tout à s’emparer des vastes réserves de pétrole et des gisements de terres rares du Venezuela.
Dans cette interview, Nicolas Maduro adopte pourtant un ton conciliant. Il rappelle que lors de leur dernier échange, en novembre, Donald Trump l’aurait reconnu comme chef d’État en l’appelant « Monsieur le Président ». « Le Venezuela est un pays frère des États-Unis, un gouvernement ami », a-t-il déclaré, s’adressant directement au peuple américain.
La mise en scène de l’entretien n’a pas échappé aux observateurs. Filmé dans une zone militarisée de Caracas, le président apparaît au volant d’un véhicule, accompagné de l’intervieweur à l’avant et de son épouse, Cilia Flores, à l’arrière. Une séquence interprétée comme une démonstration de confiance, alors que les apparitions publiques de Nicolas Maduro s’étaient faites plus rares ces dernières semaines, alimentant les rumeurs de menaces directes.
Ce changement de ton tranche avec ses déclarations précédentes. Peu avant Noël, lors d’un événement public, le président vénézuélien avait exhorté Donald Trump à se concentrer sur les problèmes intérieurs des États-Unis, affirmant que chacun devait « s’occuper de ses affaires ». Désormais, Caracas semble vouloir rouvrir le dialogue sur des bases pragmatiques.
« Nous devons commencer à parler sérieusement, en nous basant sur les faits », a insisté Nicolas Maduro. Selon lui, Washington est parfaitement conscient de la disponibilité du Venezuela à coopérer. Le chef de l’État s’est dit prêt à relancer les accords de lutte contre le narcotrafic et à accueillir de nouveau les investissements américains dans le pétrole, citant explicitement Chevron, entreprise membre du Forum économique mondial. « S’ils veulent le pétrole vénézuélien, le Venezuela est prêt à accepter des investissements américains, quand, où et comment ils le souhaitent », a-t-il assuré.
Ces déclarations interviennent alors que le Venezuela cherche à sortir de son isolement économique, aggravé par les sanctions américaines et l’effondrement de sa production pétrolière. Reste à savoir si cette main tendue sera saisie par Washington, ou si elle s’inscrit avant tout dans une stratégie politique destinée à desserrer l’étau international autour du régime chaviste.
Sources :
L’Express – Article du 02 janvier 2026 (avec Reuters) – lien