Dans un entretien accordé au média conservateur britannique Unherd, le vice-président américain J.D. Vance a exprimé de vives inquiétudes quant à l’avenir politique et stratégique de l’Europe. Il redoute qu’à moyen terme, des responsables « proches de l’islamisme » puissent accéder à des leviers de pouvoir dans des pays dotés de l’arme nucléaire, mettant selon lui en danger les États-Unis.
Le vice-président des États-Unis J.D. Vance a de nouveau ciblé l’Europe dans un entretien fleuve accordé au site conservateur britannique Unherd et publié le 22 décembre. Interrogé sur la Stratégie de sécurité nationale américaine et sur les risques qu’elle identifie pour le Vieux Continent, le numéro deux de l’exécutif américain a évoqué un scénario qu’il juge particulièrement préoccupant : celui d’une prise de contrôle, à terme, des armes nucléaires européennes par des responsables politiques « proches de l’islamisme ».
Selon J.D. Vance, les États-Unis entretiennent avec l’Europe des « liens culturels, religieux et économiques » plus profonds qu’avec toute autre région du monde. Cette proximité justifierait, à ses yeux, une exigence morale plus forte à l’égard des alliés européens. « Nous aurons certaines conversations morales avec l’Europe que nous n’aurions pas, par exemple, avec la République démocratique du Congo », a-t-il affirmé, avant de rappeler que la France et le Royaume-Uni disposent de l’arme atomique.
C’est précisément ce point qui cristallise ses inquiétudes. Le vice-président américain estime que si ces pays « se laissent submerger par des idées morales très destructrices », ils pourraient permettre à des acteurs dangereux d’accéder à des capacités militaires critiques. « Vous permettez alors à des armes nucléaires de tomber entre les mains de personnes capables de causer des dommages très, très graves aux États-Unis », a-t-il déclaré.
J.D. Vance a explicitement cité l’islamisme parmi les idéologies qu’il considère comme une menace potentielle. Selon lui, certaines personnalités « en phase avec cette idéologie ou proches de l’islamisme » occuperaient déjà des fonctions politiques en Europe, à un niveau qu’il juge encore marginal. Il a toutefois projeté un scénario plus alarmant, estimant que « dans quinze ans », une telle personne pourrait exercer une influence « très significative » dans un pays européen doté de l’arme nucléaire. Une hypothèse qu’il qualifie de « menace très directe pour les États-Unis d’Amérique ».
Au-delà de la question sécuritaire, le vice-président a élargi son propos à une inquiétude plus globale : celle d’une rupture du « socle culturel commun » entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Il estime que certaines orientations politiques, économiques et migratoires européennes fragiliseraient cette base partagée, provoquant stagnation économique et contrecoup social.
Ces déclarations contrastent avec les mises en garde formulées récemment par pape Léon XIV, qui s’était inquiété, lors d’un entretien avec le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Volodymyr Zelensky, d’un affaiblissement de l’alliance transatlantique sous l’impulsion de Donald Trump. J.D. Vance, né dans une famille protestante évangélique, qui s’est converti au catholicisme le 11 août 2019, après s’être rendu à la réunion du groupe Bilderberg qui s’est déroulée du 30 mai au 2 juin de cette même année à Montreux en Suite.
Pour le vice-président américain, la ligne de Washington est claire : encourager l’Europe à devenir plus autosuffisante sur le plan stratégique. « Nous descendons fondamentalement de nombreuses idées européennes. C’est pourquoi nous voulons une Europe plus forte », a-t-il conclu, tout en maintenant un discours particulièrement sévère sur l’évolution politique du continent.
Sources :
Unherd – Reuters – Le Parisien