Alors que son nom figure dans les Epstein Files, l’activiste britannique d’extrême droite Tommy Robinson, s‘est exprimé dans une tribune publiée ce mercredi 11 février dans le Jerusalem Post. Il affirme que Jeffrey Epstein n’était pas idéologiquement lié au sionisme ni à l’État d’Israël alors que les Epstein Files semblent démontrer le contraire.
Les Epstein Files contiennent des échanges d’e-mails entre Jeffrey Epstein et Steve Bannon, ainsi que d’autres collaborateurs, au sujet de Tommy Robinson de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon. Les fichiers révèlent qu’en août 2018, Jeffrey Epstein suivait de près l’actualité judiciaire de Tommy Robinson, notamment son procès pour outrage au tribunal. Epstein a partagé un article sur le procès de Robinson avec Bannon qui a alors qualifié Robinson de «colonne vertébrale de l’Angleterre ». En réponse à Bannon, Epstein a répliqué avec ironie : « C’est pour ça que la livre est si basse ». D’autres e-mails montrent qu’Epstein a salué la libération de Robinson par un enthousiaste « bon travail !!! ». Ce qui lui vaut les remerciements de Banon.

Les deux hommes passent ensuite à des sujets politiques, historiques ou géopolitiques, souvent avec humour noir ou ironie incluant des remarques sur l’Holocauste et la « Nuit de Cristal », parfois étrangement mêlées à des discussions sur les élections de mi-mandat aux États-Unis. Epstein semble affirmer s’intéresser à l’impact de Robinson en Europe. Banon affirme que « Tom et Henry pensent que la Chine cherche à instrumentaliser et à contrôler sa clientèle ». Ce à quoi Epstein répond :« Tom était à la une des journaux en Chine ». « Xi pense avoir une meilleure façon de gouverner et qu’il pourra convaincre le monde que le modèle démocratique américain ne fonctionne pas. Il proposera donc un système alternatif : la Nouvelle Route de la Soie, « Made in China 2025 ». Et interdire toute opinion dissidente. Tous les achats seront suivis et contrôlés, et comme dans un jeu vidéo, chacun recevra des points de récompense sociale. »

Les deux hommes continuent alors d’échanger sur « cette nouvelle forme de gouvernement pour l’avenir » et Epstein conclut en affirmant : « N’hésitez pas à contacter Tom pour télécharger le programme directement ». « Il vous apprécie. »

Depuis les publications des Epsteins Files, les détracteurs de Tommy Robinson se sont emparés de ces courriels comme preuve qu’il est, au mieux, compromis par des liens avec des financements étrangers, ou, au pire, « Tommy Robinstein » : un agent israélien envoyé pour saper le nationalisme britannique.
La Tribune de Robinson dans le Jerusalem Post réfutant les liens d’Epstein avec Israël
Dans une tribune parue mercredi dans le Jerusalem Post, Robinson soutient n’avoir jamais échangé avec Epstein, qu’il qualifie d’« homme méprisable, prédateur et malfaisant », tout en rejetant l’idée selon laquelle le financier pédophile aurait agi pour le compte du renseignement israélien. Adoptant un ton bref, parfois teinté d’ironie, il estime que présenter Epstein comme un « agent sioniste » relève de la « caricature grossière ».
« Epstein », écrivait Robinson, « ne vivait ni ne se comportait comme quelqu’un d’idéologiquement engagé envers l’État juif. » Une déclaration surprenante concernant une personne ayant versé des dons aux Amis de l’armée israélienne et au Fonds national juif et qui, d’après son propre avocat, arborait fièrement un t-shirt de Tsahal.
. Il affirme que les centres d’intérêt du financier étaient davantage tournés vers d’autres sphères, évoquant notamment l’Arabie saoudite et un intérêt présumé pour l’islam.
Robinson mentionne l’admiration qu’Epstein aurait exprimée pour le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, ainsi que des éléments symboliques tels que la possession supposée d’un tissu provenant de la Kaaba. Ces affirmations, relayées dans sa tribune, n’ont pas fait l’objet d’une validation judiciaire publique.
Au-delà du fond de l’argumentation, la question la plus notable demeure la suivante : comment Robinson a-t-il pu être publié par le Jerusalem Post.
Un choix éditorial controversé
Après la publication de cette tribune de Tommy Robinson, figure controversée de la droite radicale britannique, connue pour ses positions virulentes contre l’islam et déjà condamnée par plusieurs organisations juives au Royaume-Uni, le choix du quotidien israélien a été questionné.
Par le passé, le Board of Deputies of British Jews l’avait qualifié de « voyou » représentant « le pire de la Grande-Bretagne ». Malgré ce lourd passif, Robinson a bénéficié d’une plateforme pour développer une thèse sur Jeffrey Epstein et ses supposées orientations idéologiques.
Des connexions israéliennes documentées
La publication intervient alors que les liens internationaux d’Epstein continuent d’être examinés à la lumière des documents déclassifiés par les autorités américaines. Parmi les éléments connus figurent les rencontres entre l’ancien Premier ministre israélien et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Ehud Barak et Epstein, y compris après la condamnation de ce dernier en 2008 pour sollicitation d’une prostituée mineure. Ehud Barak a reconnu ces rencontres, notamment à la résidence new-yorkaise du financier.
Des articles récents, notamment relayés par Middle East Monitor, évoquent également des documents faisant état de dons attribués à Epstein au profit de l’armée israélienne et de projets liés à la colonisation.
Sources :