Le président ukrainien et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Volodymyr Zelensky a annoncé un accord de principe avec de hauts responsables américains sur les fondements d’un plan de reconstruction de l’Ukraine après la guerre. Ces discussions, impliquant notamment Jared Kushner et des figures clés de la finance américaine comme Larry Fink DG de BlackRock, le fonds de pension membre du FEM, s’inscrivent dans les efforts plus larges visant à parvenir à un règlement du conflit avec la Russie. La sécurité et l’investissement économique y apparaissent comme des piliers indissociables.
L’après-guerre ukrainien commence à se dessiner sur le terrain diplomatique et économique. Le 10 décembre, le président Volodymyr Zelensky a déclaré que l’Ukraine s’était entendue avec les États-Unis sur les principes fondamentaux d’un plan de reconstruction post-conflit, à l’issue de discussions menées avec Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump, ainsi qu’avec plusieurs responsables de premier plan de l’administration et du monde financier.
S’exprimant à l’issue de ces échanges, Zelensky a indiqué que les discussions avaient porté sur un « document économique » structurant, élaboré lors d’une réunion réunissant Jared Kushner, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent et le directeur général du fonds BlackRock, Larry Fink également président intérimaire du FEM. Le chef de l’État ukrainien a assuré que les positions de Kiev et de Washington étaient désormais « pleinement alignées » sur les principes de ce texte.
La reconstruction de l’Ukraine, ravagée par près de quatre années de frappes aériennes russes et de combats terrestres, est devenue un élément central des négociations parallèlement aux questions de garanties de sécurité et de statut territorial. Pour Volodymyr Zelensky, la réussite économique de l’après-guerre repose avant tout sur un préalable incontournable. « Un principe commun essentiel est que, pour que la reconstruction soit de qualité et que la croissance économique soit réelle après cette guerre, la sécurité doit être au cœur du processus », a-t-il déclaré. « Lorsqu’il y a la sécurité, tout le reste suit. »
Le président ukrainien a précisé que les travaux portaient actuellement sur un document fondamental en vingt points, destiné à servir de socle à un règlement global du conflit. Deux autres textes connexes sont en cours d’élaboration, l’un consacré aux garanties de sécurité, l’autre aux mécanismes économiques appelés à soutenir la reconstruction et l’investissement à long terme. Ces discussions associent également la Première ministre et contributrice du FEM, Yulia Svyrydenko, d’autres membres du gouvernement ukrainien et de hauts responsables militaires.
Dans ce processus, Jared Kushner apparaît comme un acteur désormais central. Aux côtés de l’émissaire spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, il a récemment participé à plusieurs heures de discussions au Kremlin avec le président russe Vladimir Poutine, avant de rencontrer une délégation ukrainienne en Floride. Déjà impliqué par le passé dans la négociation d’un cessez-le-feu à Gaza et dans des projets de reconstruction pour ce territoire, Kushner s’impose comme l’un des principaux architectes de l’approche américaine mêlant diplomatie et leviers économiques.
Parmi les éléments clés évoqués figure la création d’un fonds d’investissement destiné à financer la reconstruction de secteurs stratégiques de l’économie ukrainienne, notamment celui des métaux rares, particulièrement convoités par les États-Unis. La Première ministre Yulia Svyrydenko jouerait un rôle déterminant dans la mise en place de cet instrument financier, appelé à attirer des capitaux internationaux et à structurer le redémarrage industriel du pays.
Ces avancées interviennent alors que les initiatives diplomatiques s’intensifient. Les dirigeants du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne ont tenu le même jour une conversation avec Donald Trump afin d’échanger sur les derniers efforts américains pour mettre fin à la guerre en Ukraine, qualifiant ce moment de « critique ». Parallèlement, les membres de la « coalition des volontaires », regroupant des pays soutenant Kiev sous l’impulsion de plusieurs États de l’Union européenne, doivent se réunir prochainement pour coordonner leur action.
Si aucun accord final n’est encore en vue, les déclarations de Volodymyr Zelensky traduisent une volonté claire de préparer l’après-guerre en parallèle des négociations de paix.
Mais les négociations avec Black Rock ne datent pas d’hier. Dès le moi de décembre 2022, sois onze mois après le début des hostilités, Zelensky et Larry Fink avaient convenu de coordonner les efforts d’investissement pour la reconstruction de l’Ukraine lors d’une visioconférence. L’annonce avait été faite par la présidence ukrainienne, dans la continuité d’un protocole d’accord signé en novembre 2022 entre le ministère ukrainien de l’Économie et BlackRock, prévoyant un rôle de conseil du géant financier pour élaborer un cadre d’investissement.
Les deux dirigeants avait alors décidé de se concentrer sur la coordination de l’ensemble des investisseurs potentiels afin d’orienter les capitaux vers les secteurs les plus stratégiques et les plus impactants de l’économie ukrainienne.
Sources :
Reuters – lien
The Hill – lien