Un haut responsable du renseignement militaire russe a été blessé par balles vendredi à Moscou. Les autorités russes imputent cette attaque à l’Ukraine, qu’elles accusent de vouloir saboter les discussions engagées pour mettre fin à la guerre, tandis qu’une enquête pour « tentative d’assassinat » a été ouverte.
Un nouvel épisode violent vient raviver les tensions entre Moscou et Kiev. Vendredi matin, le général Vladimir Alekseïev, premier adjoint du chef du renseignement militaire russe, a été visé par des tirs dans un immeuble résidentiel de Moscou. Blessé, il a été hospitalisé, selon les autorités russes, qui ont immédiatement ouvert une enquête pour « tentative d’assassinat » et « trafic d’armes ».
Le Comité d’enquête russe a indiqué qu’« une personne non identifiée a tiré plusieurs coups de feu » sur le général. Âgé de 64 ans, Vladimir Alekseïev est un officier de premier plan du renseignement militaire, bras droit d’Igor Kostioukov, qui dirigeait récemment la délégation russe lors de pourparlers organisés à Abou Dhabi sur un possible règlement du conflit en Ukraine.
Quelques heures après l’attaque, la diplomatie russe a directement mis en cause Kiev. Le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé l’Ukraine d’être à l’origine de ce qu’il a qualifié d’« attentat », estimant que l’objectif était de « faire capoter le processus de négociation » engagé après près de quatre années de guerre. « Cet acte terroriste confirme une fois de plus l’orientation du régime de Volodymyr Zelensky vers des provocations constantes », a-t-il déclaré à la télévision russe.
Le Kremlin a adopté un ton similaire. Son porte-parole Dmitri Peskov a affirmé que « les services spéciaux font leur travail » et a souhaité au général blessé de « survivre et de se rétablir ». Dans l’immédiat, Kiev n’a pas réagi à ces accusations, comme l’a relevé l’Agence France-Presse.
Personnage controversé, Vladimir Alekseïev fait l’objet de sanctions occidentales pour son rôle présumé dans des cyberattaques attribuées à la Russie. Il est également accusé par le Royaume-Uni d’avoir participé à l’attaque à l’agent neurotoxique contre l’ancien espion russe Sergueï Skripal en 2018. Selon sa biographie officielle, il a participé a des opérations de renseignement en Syrie à partir de 2015, en soutien au régime de Bachar al-Assad, et a joué un rôle lors des négociations avec le chef du groupe Wagner Evguéni Prigojine pendant sa mutinerie avortée de juin 2023.
L’attaque s’inscrit dans une série d’actions violentes ayant visé, depuis le début de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine en février 2022, des généraux russes, des responsables locaux ou des figures publiques soutenant la guerre. Certaines de ces opérations ont été revendiquées par Kiev. Fin janvier encore, un tribunal militaire russe a condamné à la prison à vie un ressortissant ouzbek accusé du meurtre, en 2024, du général Igor Kirillov, commandant des forces russes de défense radiologique, chimique et biologique.
Sur les lieux de l’attaque à Moscou, des enquêteurs et des experts ont été dépêchés, tandis que les images de vidéosurveillance sont en cours d’examen. Le périmètre a été bouclé par la police et de nombreux journalistes se sont rendus sur place, illustrant la sensibilité extrême de cet événement, survenu à un moment charnière des discussions diplomatiques autour du conflit ukrainien.
Sources :
TF1 Info – 6 février 2026 – lien
Agence France-Presse – dépêche reprise par TF1 Info