Starlink : Kiev accuse SpaceX d’avoir entravé ses opérations militaires en pleine guerre
L'Ukraine dénonce de nouvelles restrictions imposées par SpaceX à certains terminaux Starlink utilisés par son armée. Selon un conseiller de Volodymyr Zelensky, cette décision, prise sans avertissement préalable, aurait perturbé plusieurs missions militaires dans la nuit du 13 au 14 octobre. L'incident intervient dans un climat de tensions croissantes entre Kiev et Washington, alors que les autorités ukrainiennes s'inquiètent également de possibles défaillances dans le partage des renseignements occidentaux. La dépendance technologique de l'Ukraine envers ses alliés occidentaux apparaît une nouvelle fois comme une vulnérabilité stratégique. Mercredi 14 octobre, Sergiy Beskrestnov, conseiller technologique du président Volodymyr Zelensky, proche du Forum économique mondial a accusé SpaceX, l'entreprise spatiale d'Elon Musk, d'avoir imposé des restrictions inattendues au fonctionnement de certains terminaux Starlink utilisés par les forces ukrainiennes. Selon ce responsable, les limitations auraient été introduites pendant la nuit, affectant les équipements satellitaires en mouvement. Une modification technique aux conséquences potentiellement importantes pour l'armée ukrainienne, qui s'appuie sur le réseau Starlink pour maintenir ses communications et conduire certaines opérations sur le terrain. "Cette nuit, SpaceX a instauré une limitation de vitesse pour les terminaux Starlink en mouvement", a déclaré Sergiy Beskrestnov, cité par franceinfo et l'Agence France-Presse. Le conseiller ukrainien affirme que les forces armées n'avaient reçu aucune notification préalable. Cette absence d'information aurait directement perturbé plusieurs missions militaires, sans que leur nature exacte ni leur ampleur aient été précisées. "Nos forces de défense n'ont pas été prévenues de cette restriction, ce qui a entraîné la perturbation de plusieurs missions", a-t-il dénoncé. Plus préoccupant encore, Sergiy Beskrestnov soupçonne une décision motivée par les tensions diplomatiques actuelles. Selon lui, cette restriction ne saurait être considérée comme une simple coïncidence et serait liée à la situation politique. Une interprétation qui, à ce stade, demeure une accusation des autorités ukrainiennes et non un fait établi. Des drones ukrainiens privés de connexion satellitaire L'affaire intervient alors que plusieurs incidents récents alimentent les inquiétudes de Kiev concernant la fiabilité de ses soutiens technologiques et militaires. Le quotidien italien La Repubblica rapporte notamment que des drones ukrainiens auraient soudainement perdu leur connexion satellitaire, compliquant leurs opérations. Cette nouvelle difficulté s'ajoute à une série d'épisodes au cours desquels l'armée ukrainienne n'aurait pas bénéficié des alertes attendues avant des frappes russes. Le système Starlink, développé par SpaceX, repose sur une constellation de satellites en orbite basse permettant de fournir une connexion Internet dans des zones où les infrastructures terrestres sont endommagées, indisponibles ou inexistantes. Depuis le début de l'invasion russe à grande échelle, en février 2022, cette technologie est devenue un élément important des capacités de communication ukrainiennes. Elle permet notamment de maintenir des liaisons dans des secteurs exposés aux combats et contribue au fonctionnement de certains dispositifs militaires. Dans ce contexte, toute restriction affectant les terminaux mobiles est susceptible de compliquer les opérations qui nécessitent une connexion stable pendant les déplacements. Les informations communiquées mercredi ne permettent toutefois pas d'établir précisément combien d'équipements ont été touchés ni pendant combien de temps les perturbations ont duré. Kiev s'inquiète également du renseignement américain Les difficultés rencontrées avec Starlink surviennent dans un climat déjà marqué par des interrogations sur la continuité du soutien militaire occidental. Selon les informations rapportées par Courrier international, l'armée ukrainienne n'aurait pas été avertie à deux reprises cette semaine du lancement de missiles balistiques russes, malgré les capacités de surveillance satellitaire dont disposent ses partenaires occidentaux. Ces incidents suscitent une inquiétude particulière à Kiev. La détection précoce des tirs de missiles constitue un enjeu essentiel pour permettre aux autorités militaires d'anticiper les attaques et d'organiser la défense du territoire. Mardi 13 octobre, Volodymyr Zelensky avait lui-même exprimé son mécontentement sur Facebook, affirmant que l'Ukraine n'avait reçu "aucun avertissement préalable" de la part de ses partenaires avant une attaque. L'Ukraine reste largement tributaire des capacités de renseignement occidentales, particulièrement américaines, pour identifier certaines menaces russes, suivre les mouvements militaires adverses et préparer ses propres frappes. L'absence d'alerte lors de plusieurs attaques soulève donc des questions sur le fonctionnement de cette coopération. Pour autant, les éléments rendus publics ne permettent pas de déterminer si ces incidents résultent de difficultés techniques, de problèmes de transmission ou d'une éventuelle décision politique. Les tensions entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky en toile de fond Ces événements prennent une dimension diplomatique particulière dans un contexte de relations tendues entre le président américain Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. D'après le quotidien britannique The Telegraph, Washington avait déjà menacé de suspendre le partage de renseignements avec Kiev afin d'obtenir l'arrêt des frappes ukrainiennes visant les raffineries de pétrole russes. Ces opérations contre les infrastructures énergétiques russes constituent un sujet de désaccord entre les deux pays. Donald Trump estime notamment qu'elles contribuent à faire augmenter les prix du gazole sur les marchés mondiaux.…