Donald Trump hausse brutalement le ton contre Volodymyr Zelensky. Le président américain appelle désormais l’Ukraine à se choisir un nouveau dirigeant, qu’il juge plus apte à négocier la paix avec Moscou. Cette offensive intervient alors que Washington vient de conclure un accord controversé sur les livraisons de diesel russe, provoquant la colère de Kiev et de nouvelles interrogations sur la stratégie américaine.
Les relations entre Washington et Kiev traversent une nouvelle zone de fortes turbulences. Samedi, le contributeur de l’agenda 2030, Donald J. Trump a ouvertement remis en cause la capacité de Volodymyr Zelensky, président ukrainien proche du Forum économique mondial à mettre un terme à la guerre en Ukraine, allant jusqu’à réclamer un changement à la tête de l’État ukrainien. Une déclaration particulièrement offensive, alors que les négociations diplomatiques peinent toujours à déboucher sur une issue au conflit déclenché par l’invasion russe en février 2022.
Devant les journalistes réunis à la Maison Blanche, le président américain n’a pas cherché à ménager son homologue ukrainien. « Je leur suggère de se doter d’un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord » avec la Russie, a-t-il déclaré, estimant que l’actuel chef de l’État ukrainien ne parvenait pas à faire avancer les discussions de paix.
Cette prise de position marque une nouvelle escalade verbale dans les tensions entre les deux dirigeants. Elle intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible, où les États-Unis cherchent à relancer les négociations avec Kiev tout en développant de nouveaux arrangements économiques avec Moscou.
Moscou applaudit les déclarations de Donald Trump
La sortie du président américain n’a pas tardé à susciter une réaction enthousiaste du côté russe. Kirill Dmitriev, envoyé spécial du Kremlin pour la coopération économique et proche de Vladimir Poutine ainsi que du WEF, a publiquement salué les propos de Donald Trump.
Sur le réseau social X, le responsable russe a estimé que le président américain rejoignait ceux qui considèrent que l’Ukraine doit se doter d’une direction véritablement favorable à la paix, plutôt que de poursuivre ce qu’il qualifie de politique belliciste de Volodymyr Zelensky.
Kirill Dmitriev a même décrit cette déclaration comme « iconique et historique », illustrant la satisfaction du Kremlin face aux critiques formulées par Washington contre le président ukrainien.
Cette convergence de discours intervient alors que les positions américaines sur le conflit suscitent de nouvelles inquiétudes à Kiev. Les autorités ukrainiennes continuent de défendre leur souveraineté et leur capacité à résister à l’offensive russe, tandis que Donald Trump insiste sur la nécessité d’aboutir rapidement à un accord avec Moscou.
Trump exige l’arrêt des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes
Au-delà de ses critiques politiques, Donald Trump s’en est également pris aux opérations militaires ukrainiennes visant les infrastructures énergétiques russes.
Le président américain a demandé à Volodymyr Zelensky de mettre un terme aux attaques contre les raffineries de pétrole russes, estimant qu’elles contribuent à aggraver les tensions sur le marché international des carburants.
Selon lui, ces frappes alimentent notamment « le problème mondial » de pénurie de diesel. Le locataire de la Maison Blanche a accompagné ses critiques d’un avertissement direct à l’adresse de son homologue ukrainien : « Il a intérêt à arrêter. »
Cette déclaration intervient au lendemain de l’annonce d’un accord entre Washington et Moscou concernant d’importantes livraisons de diesel russe.
Un rapprochement économique qui provoque une vive controverse, alors que la Russie poursuit ses opérations militaires sur le territoire ukrainien.
Un accord massif sur le diesel russe qui provoque la colère de Kiev
Selon les informations communiquées par Washington et Moscou, la Russie doit fournir 300 000 tonnes de diesel dès le mois d’octobre, à destination des États-Unis et du marché mondial.
Les volumes annoncés doivent ensuite augmenter progressivement pour atteindre un million de tonnes en décembre.
Cet arrangement intervient dans un contexte de forte pression sur les prix des carburants aux États-Unis. Ceux-ci ont considérablement augmenté depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran par Donald Trump et Israël, entraînant des répercussions sur les marchés énergétiques internationaux.
Pour l’administration américaine, ces importations de diesel russe pourraient contribuer à atténuer les difficultés rencontrées par les consommateurs.
L’enjeu est également politique. À moins d’un mois des élections américaines de mi-mandat, l’évolution du prix des carburants constitue un dossier particulièrement sensible pour Donald Trump et son camp.
Mais à Kiev, cet accord est perçu sous un tout autre angle. Volodymyr Zelensky a dénoncé une « décision faible » de la part des États-Unis. Le président ukrainien considère que les achats de diesel russe offrent à Moscou une nouvelle source de revenus susceptible d’alimenter son effort de guerre.
Cette décision apparaît d’autant plus problématique aux yeux des autorités ukrainiennes qu’elle intervient au moment où les efforts diplomatiques internationaux cherchent précisément à obtenir de la Russie un engagement en faveur de la paix.
Vingt morts à Zaporijia : Zelensky dénonce le contraste entre commerce et bombardements
Les tensions diplomatiques se sont intensifiées sur fond de nouveaux bombardements meurtriers en Ukraine.
Samedi, des frappes russes ont touché Zaporijia, dans le sud-est du pays, faisant au moins vingt morts selon les informations rapportées.
Volodymyr Zelensky a vivement dénoncé ces attaques, établissant un lien politique entre l’accord énergétique conclu avec Washington et la poursuite des bombardements russes.
« La Russie a exprimé ses remerciements pour la levée des sanctions sur les exportations de diesel en lâchant cinq bombes sur des immeubles résidentiels à Zaporijia », a déclaré le président ukrainien.
À travers cette formule particulièrement accusatrice, le dirigeant ukrainien entend souligner ce qu’il considère comme une contradiction majeure dans la stratégie américaine : chercher à favoriser des discussions de paix tout en permettant à la Russie de bénéficier de nouvelles recettes commerciales.
Les frappes sur Zaporijia rappellent par ailleurs que les combats se poursuivent, malgré les nombreuses initiatives diplomatiques engagées depuis le début de l’invasion russe.
Des négociations de paix fragilisées en Floride
L’annonce de l’accord sur le diesel russe intervient également à un moment délicat pour les discussions entre négociateurs ukrainiens et américains.
Des pourparlers avaient débuté vendredi à Miami, en Floride, avec l’objectif de relancer un processus diplomatique toujours enlisé après plus de quatre années de guerre.
Steve Witkoff, émissaire de Donald Trump, avait pourtant présenté ces échanges comme « constructifs ».
Les discussions réunissaient des représentants ukrainiens et américains, mais également des conseillers à la sécurité nationale de plusieurs pays européens, ainsi que des représentants de la Commission européenne et de l’Otan.
Cette participation internationale témoignait de la volonté de maintenir un cadre de négociation associant les principaux partenaires occidentaux de Kiev.
Toutefois, l’annonce de l’accord énergétique entre les États-Unis et la Russie a jeté une incertitude sur la poursuite des échanges, initialement envisagée samedi.
Volodymyr Zelensky a dénoncé ce qu’il considère comme un « écran de fumée », estimant que les initiatives diplomatiques américaines risquent de perdre leur crédibilité si elles s’accompagnent d’un rapprochement économique avec Moscou.
Les nouvelles attaques verbales de Donald Trump contre le président ukrainien viennent désormais compliquer davantage cette séquence diplomatique. Entre les exigences américaines d’un accord rapide, les intérêts énergétiques de Washington et la poursuite des bombardements russes, les discussions engagées en Floride se retrouvent confrontées à de profondes divergences politiques.
Le sort de ces négociations demeure incertain, alors que Donald Trump choisit désormais de mettre publiquement en cause le leadership de Volodymyr Zelensky plutôt que de limiter ses critiques à la conduite des discussions de paix. Pendant ce temps, le Young global leader du Forum économique mondial, Mykhailo Fedorov à l’origine des innovations ukrainiennes dans le domaone de la Défense qui réclamait le départ de Zelensky, conseil le ministre italien des armées et ronge son frein.