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Joans Salk et Albert Sabin. Photos : DR

Salk et Sabin : les pères des vaccins antipolio qui ont renoncé à leur brevet

Au milieu du XXe siècle, la poliomyélite terrorise la planète. Chaque été, des milliers d’enfants sont paralysés ou meurent. Des piscines ferment, des écoles suspendent leurs activités et les parents redoutent la moindre fièvre. Dans ce contexte d’urgence sanitaire mondiale, deux chercheurs juifs, le virologue américain Jonas Salk et le chercheur Albert Sabin, vont entrer dans l’histoire non seulement pour leurs découvertes scientifiques, mais aussi par leur décision de ne pas breveter leur vaccin.

Jonas Salk, biologiste américain né en 1914 à New York dans une famille immigrée d’origine russe, étudie la médecine à l’université du Michigan sous la direction du virologue Thomas Francis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il travaille avec l’armée américaine sur un vaccin contre la grippe.

Il poursuit ensuite ses recherches à l’université de Pittsburgh où, grâce au soutien de la National Foundation for Infantile Paralysis, il met au point en 1953 le premier vaccin contre la poliomyélite. Son vaccin utilise un virus inactivé, administré par injection. Les essais sont gigantesques pour l’époque : plus d’un million d’enfants américains participent à l’étude clinique.

Après l’avoir testé sur lui-même et sur des volontaires, son efficacité est confirmée en 1955 après une vaste campagne menée sur plus d’un million d’enfants. Le succès est immédiat. La maladie recule brutalement dans les pays qui l’adoptent.

Mais ce qui frappe le monde n’est pas seulement la découverte scientifique. Interrogé à la télévision sur la propriété du brevet, Salk répond simplement que le vaccin appartient à tous. Il explique qu’il serait absurde de s’approprier une telle invention, comparant la situation à l’idée de breveter le soleil.

Ce choix a une conséquence directe : les laboratoires du monde entier peuvent produire rapidement le vaccin. Les coûts chutent, la vaccination de masse devient possible et la diffusion mondiale s’accélère. Des millions d’enfants sont protégés en quelques années seulement.

La campagne connaît toutefois un ralentissement après l’incident Cutter, lorsque des doses mal inactivées contaminent plusieurs centaines d’enfants.

En 1963, il fonde le Salk Institute for Biological Studies, Centre de recherche de pointe en biologie, neurosciences et génétique, situé en Californie qui accueillera par la suite les contributeurs de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Inder M. Verma, Nicola Allen ou Satchin Panda.

Albert Sabin, la version orale pour vacciner la planète

Albert Sabin, né Abram Saperstejn à Białystok dans l’Empire russe, émigre enfant aux États-Unis en 1921 pour fuir l’antisémitisme. Après des études de médecine et de microbiologie à New York et Rutgers, il se spécialise dans les maladies infectieuses et commence ses recherches sur la poliomyélite.

Chercheur à l’Institut Rockefeller puis à l’hôpital pour enfants de Cincinnati, il démontre que le virus de la polio se développe aussi dans l’intestin. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert comme médecin militaire et met au point plusieurs vaccins contre différentes encéphalites et maladies virales.

Quelques années après Jonas Salk, Albert Sabin développe un vaccin différent. Au lieu d’un virus inactivé injecté, il utilise un virus atténué administré par voie orale. Une simple goutte sur un morceau de sucre suffit.

Ce vaccin présente un avantage décisif: il peut être distribué facilement à très grande échelle, notamment dans les pays pauvres. Il ne nécessite ni seringues ni personnel médical spécialisé pour chaque injection.

Sabin prend alors la même décision que Salk. Aucun brevet. Il souhaite que tous les pays puissent le produire librement. Le vaccin oral devient l’outil principal des campagnes mondiales d’éradication.

Grâce à cette simplicité logistique, la vaccination atteint des régions jusque-là inaccessibles aux grandes infrastructures sanitaires. Des campagnes massives sont organisées en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique latine.

Par la suite, Sabin dirige l’Institut Weizmann, membre du FEM, en Israël, conseille les National Institutes of Health, membres du FEM aux Etats-Unis et poursuit ses recherches en cancérologie et virologie jusqu’aux années 1980.

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