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André Ventura. Photo : @Vox España

Portugal : l’extrême droite qualifiée pour le second tour de la présidentielle, un séisme politique

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Le Portugal connaît un tournant politique historique. À l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, le candidat socialiste Antonio José Seguro est arrivé en tête, mais il affrontera au second tour le leader d’extrême droite André Ventura. Un scénario inédit depuis près de quarante ans, révélateur de la recomposition profonde du paysage politique portugais.

Selon les premières projections des télévisions portugaises RTP, SIC et TVI, Antonio José Seguro aurait recueilli entre 30 et 35 % des suffrages au premier tour de la présidentielle. Il est suivi de près par André Ventura, fondateur du parti Chega (« Assez »), crédité de 20 à 24 % des voix. Ce dernier devance de justesse le candidat libéral João Cotrim Figueiredo, arrivé troisième avec 17 à 21 %.

Le second tour, prévu le 8 février, opposera donc un candidat socialiste modéré à une figure de l’extrême droite populiste, une configuration jamais observée depuis l’élection présidentielle de 1986 au Portugal.

Une dynamique confirmée pour le parti Chega

La présence d’André Ventura au second tour confirme la montée continue de l’extrême droite portugaise. Lors de la présidentielle de 2021, il n’avait obtenu que 11,9 % des suffrages, terminant troisième. En l’espace de cinq ans, son parti Chega s’est imposé comme une force centrale, jusqu’à devenir la première formation d’opposition au Parlement.

Aux élections législatives de mai dernier, Chega a obtenu 22,8 % des voix et 60 députés, dépassant le Parti socialiste et bouleversant l’équilibre politique traditionnel d’un pays longtemps dominé par l’alternance entre socialistes et sociaux-démocrates.

Un contexte politique déjà sous tension

Cette présidentielle intervient dans un contexte institutionnel délicat. Le Premier ministre Luís Montenegro, reconduit à la tête d’un gouvernement minoritaire de droite, devra composer avec un futur président issu d’un autre camp politique. Le président sortant, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, appartenait jusqu’ici au même espace politique que l’exécutif.

Parmi les autres candidats, l’amiral à la retraite Henrique Gouveia e Melo, figure populaire pour avoir piloté la campagne de vaccination contre le Covid-19, se classe quatrième avec 11 à 14 %. Le candidat soutenu par le gouvernement, Luís Marques Mendes, n’obtiendrait que 8 à 11 %, un revers significatif pour la droite traditionnelle.

Un duel aux enjeux européens

Auto-proclamé « candidat du peuple », André Ventura promet de « mettre de l’ordre » au Portugal et appelle les autres forces de droite à ne pas faire barrage à sa candidature au second tour. Selon le cabinet d’analyses Teneo, membre du Forum économique mondial, sa qualification « confirme la domination croissante de l’extrême droite sur le paysage politique » et ouvre une nouvelle phase de confrontation entre droite modérée et droite radicale.

Au-delà des frontières portugaises, ce scrutin est observé de près en Europe, tant il illustre une tendance plus large de progression des mouvements populistes et nationalistes sur le continent.

Source :

TF1

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