Les États membres de l’Organisation mondiale de la santé ont décidé de prolonger les discussions autour du mécanisme de partage des agents pathogènes, pièce maîtresse du futur accord sur les pandémies a annoncé l’agence onusienne membre du Forum économique mondial, dans un communiqué publié le 1er mai. Malgré des avancées jugées significatives, des divergences persistent. L’objectif reste d’aboutir à un cadre équitable avant 2027.
Les négociations internationales autour de la préparation aux futures pandémies se poursuivent. Réunis à Genève, les États membres de Organisation mondiale de la santé ont convenu, le 1er mai 2026, de prolonger les discussions sur un élément clé du futur accord mondial sur les pandémies : le mécanisme de partage des agents pathogènes et des bénéfices associés, connu sous l’acronyme PABS.
Ce dispositif vise à encadrer deux impératifs souvent en tension : le partage rapide des agents pathogènes susceptibles de provoquer une pandémie, et la distribution équitable des bénéfices issus de leur exploitation, notamment les vaccins, les traitements et les outils diagnostiques. En d’autres termes, il s’agit d’éviter les déséquilibres observés lors de la pandémie de Covid-19, où l’accès aux contre-mesures sanitaires avait été fortement inégal selon les pays.
Les discussions se sont tenues dans le cadre du groupe de travail intergouvernemental chargé de finaliser l’accord, une structure mise en place après l’adoption du texte principal en mai 2025. Si des progrès ont été enregistrés, les négociateurs estiment que la complexité juridique et technique du mécanisme nécessite davantage de temps.
Le directeur général de l’OMS et contributeur de l’agenda 2030, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué des avancées « réelles », tout en appelant à maintenir un haut niveau d’urgence. Selon lui, la prochaine pandémie n’est pas une hypothèse, mais une certitude à plus ou moins long terme. Le système PABS constitue, à ses yeux, « la dernière pièce du puzzle » pour rendre pleinement opérationnel l’accord international.
Concrètement, les États devront s’entendre sur les modalités de partage des ressources biologiques, mais aussi sur les mécanismes garantissant un retour équitable pour les pays qui détectent et signalent ces agents pathogènes. Derrière ces discussions se jouent des enjeux stratégiques majeurs, mêlant souveraineté sanitaire, accès aux technologies et justice internationale.
Les résultats actuels seront présentés lors de la prochaine Assemblée mondiale de la santé, prévue en mai 2026. Toutefois, faute d’accord final, les États devraient acter la poursuite des travaux jusqu’en 2027, voire organiser une session spéciale avant cette échéance.
Une nouvelle réunion du groupe de travail est d’ores et déjà programmée du 6 au 17 juillet 2026. Elle devra tenter de rapprocher les positions et d’aboutir à un compromis sur ce mécanisme central, sans lequel l’accord sur les pandémies ne pourra pleinement entrer en vigueur.
Plusieurs personnalités politiques et figures publiques ont exprimé des inquiétudes quant au projet d’accord pandémique de l’OMS, estimant qu’il pourrait porter atteinte à la souveraineté des États. En France, Florian Philippot, Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau dénoncent un possible transfert de pouvoir en matière de politiques sanitaire vers une instance internationale. Aux États-Unis, Ron DeSantis, Robert F. Kennedy Jr., Elon Musk et Donald Trump ont également critiqué l’influence croissante des organisations multilatérales dans les décisions nationales de santé publique. En Europe, des figures comme Nigel Farage ou Cristian Terheș relaient des préoccupations similaires, évoquant un risque d’abandon de souveraineté. Enfin, certains experts indépendants, tels que le journaliste James Roguski et Meryl Nass, alertent sur une possible centralisation des décisions sanitaires à l’échelle mondiale.
Sources :
Organisation mondiale de la santé – 1er mai 2026 – https://www.who.int/news/item/01-05-2026-who-member-states-agree-to-extend-negotiations-on-pathogen-access-and-benefit-sharing-annex
