Figure majeure du narcobanditisme français, Ouicem Kattoursi a été interpellé à Dubaï par les autorités émiraties après plusieurs années passées hors de portée de la justice française. Recherché depuis 2018, cet homme originaire de Seine-Saint-Denis faisait partie des cibles prioritaires des enquêteurs spécialisés dans la lutte contre le trafic international de stupéfiants. Son arrestation s’inscrit dans un contexte de coopération judiciaire renforcée entre la France et les Émirats arabes unis.
Pendant plusieurs années, son nom circulait dans les dossiers des services de renseignement criminel, des magistrats spécialisés et des enquêteurs de l’Office antistupéfiants. Considéré comme l’un des narcotrafiquants français les plus recherchés, Ouicem Kattoursi a finalement été interpellé à Dubaï, mettant un terme à une longue cavale internationale qui durait depuis 2018.
Originaire de Sevran, en Seine-Saint-Denis, Ouicem Kattoursi était depuis plusieurs années dans le viseur de la justice française. Son parcours criminel s’inscrit dans l’évolution du narcotrafic français des années 2010, marqué par l’internationalisation des réseaux, la professionnalisation des organisations et le développement de bases arrière dans plusieurs pays du Golfe, notamment aux Émirats arabes unis.
Selon les informations publiées par plusieurs médias français, l’homme était activement recherché depuis 2018. Son arrestation est intervenue aux Émirats arabes unis, un territoire devenu ces dernières années un refuge privilégié pour de nombreux criminels européens impliqués dans le trafic de stupéfiants, le blanchiment d’argent ou encore la criminalité organisée transnationale.
Le parcours judiciaire de Ouicem Kattoursi remonte toutefois bien avant sa disparition des radars français. En février 2016, il avait déjà été interpellé au Mali avant d’être incarcéré dans le cadre d’une autre affaire pour laquelle il devait purger une peine de six ans de prison. Cette condamnation n’avait cependant pas mis fin à son implication présumée dans les réseaux criminels. Après sa libération, les investigations des autorités françaises ont continué à le désigner comme une figure importante du trafic de stupéfiants.
Son arrestation intervient dans un contexte particulier. Depuis plusieurs années, la France cherche à renforcer sa coopération avec les Émirats arabes unis afin d’obtenir l’arrestation et l’extradition de criminels installés à Dubaï. Longtemps critiquée pour être devenue une destination privilégiée de nombreux trafiquants européens, la cité-État du Golfe a progressivement renforcé sa collaboration avec les autorités judiciaires occidentales.
Cette évolution s’est traduite par une série d’interpellations très médiatisées. Plusieurs narcotrafiquants français de premier plan ont été arrêtés puis extradés vers la France ces dernières années. Parmi eux figure notamment Abdelkader Bouguettaia, surnommé « Bibi », considéré comme l’un des principaux acteurs du trafic de cocaïne entre l’Amérique du Sud et l’Europe. Son extradition en juin 2025 avait été présentée comme un symbole du rapprochement judiciaire entre Paris et Abou Dhabi.
L’interpellation de Ouicem Kattoursi s’inscrit donc dans une stratégie plus large visant à démanteler les structures dirigeantes du narcotrafic français. Les autorités considèrent en effet que de nombreux chefs de réseaux ont quitté l’Hexagone pour piloter leurs activités depuis l’étranger, profitant des difficultés liées aux procédures d’extradition et à la coopération internationale.
Le phénomène a pris une ampleur particulière après les grandes opérations menées contre les filières de cocaïne transitant par les ports européens. Face à la pression policière et judiciaire, plusieurs figures du grand banditisme se sont installées à Dubaï où elles ont investi dans l’immobilier, créé des sociétés ou obtenu des statuts de résidence. Les autorités françaises ont depuis multiplié les démarches diplomatiques pour empêcher que l’émirat ne devienne une zone de repli pour les organisations criminelles.
Pour les enquêteurs, l’arrestation de Ouicem Kattoursi représente également une opportunité de recueillir de nouvelles informations sur les réseaux de trafic opérant entre la France, l’Afrique du Nord, l’Afrique de l’Ouest et le Moyen-Orient. Les investigations menées ces dernières années ont montré que les organisations criminelles contemporaines fonctionnent selon des modèles de plus en plus internationaux, avec des relais financiers, logistiques et humains répartis sur plusieurs continents.
Au-delà de son cas personnel, cette interpellation illustre l’évolution de la lutte contre le narcotrafic en Europe. Les autorités françaises cherchent désormais à frapper non seulement les réseaux de terrain mais également leurs dirigeants présumés, souvent installés à l’étranger. Les extraditions obtenues auprès des Émirats arabes unis sont perçues comme un changement majeur dans cette stratégie. En 2025, les autorités émiraties avaient déjà extradé plusieurs narcotrafiquants vers la France, signe d’une coopération devenue nettement plus efficace qu’au cours de la décennie précédente.
L’interpellation d’Ouicem Kattoursi marque ainsi une nouvelle étape dans cette offensive judiciaire. Après huit années de recherche et une cavale internationale particulièrement longue, l’un des hommes les plus recherchés du narcotrafic français est désormais entre les mains des autorités, ouvrant une nouvelle séquence judiciaire dont les développements seront suivis de près par les services spécialisés et les magistrats chargés de la lutte contre le crime organisé.
Sources :
- Le Nouvel Obs – 19 juin 2026 – Ouicem Kattoursi, le narcotrafiquant le plus recherché de France, interpellé à Dubaï – Le Nouvel Obs
- Le Monde – 19 juin 2025 – Le narcotrafiquant français Abdelkader Bouguettaia, alias Bibi, a été extradé de Dubaï vers la France –
- Le Parisien – 22 décembre 2025 – Les Émirats arabes unis ont extradé 17 narcotrafiquants vers la France en 2025 –
- AFP / Ahram Online – 22 décembre 2025 – Les Émirats arabes unis ont extradé 17 narcotrafiquants vers la France en 2025 –
