Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, la France a précisé sa position après la capture de Nicolás Maduro par les États-Unis. Dans une intervention officielle, Paris a condamné sans ambiguïté la répression du régime vénézuélien tout en jugeant l’opération militaire américaine contraire à la Charte des Nations unies et au principe de règlement pacifique des différends.
La ligne française s’est exprimée avec une clarté rare au Conseil de sécurité. Le 5 janvier 2026 à New York, Jay Dharmadhikari, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies et chargé d’affaires a.i., est intervenu lors d’une réunion consacrée aux conséquences de la capture de Nicolás Maduro par les États-Unis.
Dans un propos liminaire, le diplomate a rappelé la solidarité constante de la France avec le peuple vénézuélien, « en crise depuis de trop nombreuses années », et plus particulièrement depuis l’été 2024. Paris a de nouveau mis en cause le scrutin du 28 juillet 2024, au cours duquel les Vénézuéliens avaient voté « de façon pacifique » avant, selon la France, de se voir confisquer leur droit à choisir leurs dirigeants. Le processus électoral, marqué par de « nombreuses irrégularités » et une « absence flagrante de transparence » dans le décompte des voix, est présenté comme l’un des fondements de la perte de légitimité politique de Nicolás Maduro.
Jay Dharmadhikari a également insisté sur la nature répressive du pouvoir chaviste. Face aux aspirations démocratiques, Nicolás Maduro aurait répondu par « la répression des voix dissidentes, des membres de l’opposition et de la société civile », accompagnée de « multiples détentions arbitraires ». Autant de pratiques que la France juge « inacceptables », rappelant son attachement constant au respect des droits humains au Venezuela.
Mais cette condamnation du régime n’a pas empêché Paris de dénoncer fermement l’action de Washington. La capture de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, le 3 janvier 2026 à l’issue d’une opération militaire américaine à Caracas, est jugée contraire aux principes fondamentaux du droit international. Selon le représentant français, cette intervention viole à la fois le principe de règlement pacifique des différends et celui du non-recours à la force.
Plus largement, la France s’inquiète de la portée systémique de cette opération. Jay Dharmadhikari a mis en garde contre la « multiplication des violations de la Charte des Nations unies » par des États investis de la responsabilité particulière liée à leur statut de membres permanents du Conseil de sécurité. De tels actes, a-t-il souligné, « sapent les bases de l’ordre international » et fragilisent la paix et la sécurité mondiales, en portant atteinte aux principes d’indépendance et d’intégrité territoriale des États.
Cette position d’équilibre se retrouve dans la ligne diplomatique du Quai d’Orsay, qui indique que la France « prend acte » de la perte de légitimité politique de Nicolás Maduro, tout en regrettant une opération unilatérale américaine jugée incompatible avec l’esprit multilatéral de l’ONU. Le préisdent Macron avait toutefois apporté son soutien aux Etats-Unis dans un premier temps, avant de se raviser.
Sur le plan judiciaire, Nicolás Maduro a plaidé non coupable le 5 janvier devant un tribunal new-yorkais, se présentant comme un « prisonnier de guerre kidnappé ». Les États-Unis affirment pour leur part vouloir encadrer une transition politique au Venezuela, sans en préciser les modalités ni le fondement juridique international.
Face aux tensions internes et régionales, Paris a enfin appelé à une transition « pacifique, démocratique et respectueuse des choix du peuple vénézuélien ». Selon la France, cette transition doit être « dirigée par et pour les Vénézuéliens », avec l’appui des États de la région et des partenaires européens. La France se dit prête à soutenir le dialogue et à contribuer à la stabilité régionale, estimant que ce rôle incombe également au Conseil de sécurité.
Sources :
Communiqué de la Représentation permanente de la France auprès des Nations Unies à New York.