Les déclarations du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump sur le Groenland ont ravivé les tensions au sein du camp occidental. Sur LCI, le général Nicolas Richoux a plaidé pour une réaction anticipée de la France et de l’Union européenne, allant jusqu’à évoquer l’envoi de troupes sur ce territoire danois, présenté comme un verrou stratégique de la sécurité euro-atlantique.
La rivalité stratégique entre grandes puissances s’intensifie dans les régions polaires, où se concentrent désormais routes maritimes émergentes, ressources naturelles convoitées et dispositifs militaires de premier plan. Dans cette nouvelle géographie du pouvoir, le Groenland occupe une place centrale. Territoire autonome rattaché au Danemark, l’île constitue un point d’appui stratégique majeur dans l’Atlantique Nord et un maillon essentiel du dispositif de surveillance et de défense occidentale.
C’est dans ce contexte déjà tendu que les propos récents de Donald Trump ont fait l’effet d’un électrochoc. L’ancien président américain a affirmé vouloir « s’occuper du Groenland » dans un délai extrêmement court, évoquant une échéance d’environ vingt jours. Cette déclaration, interprétée comme une menace à peine voilée sur un territoire appartenant à un État allié, a ravivé les interrogations sur la solidité des engagements transatlantiques et sur la capacité de l’Europe à défendre ses intérêts stratégiques.
Invité sur le plateau de LCI, le 4 janvier au soir, le général de brigade en deuxième section Nicolas Richoux a livré une analyse particulièrement ferme. Consultant défense, il a estimé que la France et l’Union européenne ne pouvaient se contenter d’attendre ou de multiplier les protestations diplomatiques face à une telle situation. Selon lui, il conviendrait au contraire de prendre les devants en projetant des troupes européennes au Groenland, afin de marquer clairement les lignes rouges et d’affirmer la crédibilité des alliances.
« Si on a des signes que les Américains vont envahir le Groenland, il faut envoyer des troupes là-bas et éventuellement se battre contre eux parce que s’ils nous attaquent sur un territoire allié, ils doivent passer pour les crapules historiques ! », a-t-il osé.