Le second tour des élections municipales à Nice a livré son verdict ce dimanche 22 mars 2026. Éric Ciotti s’impose face au maire sortant Christian Estrosi, au terme d’une campagne tendue et profondément clivante. Un scrutin marqué par les divisions de la droite et l’absence de front républicain.
Le verdict des urnes est sans appel dans la capitale azuréenne. Selon une estimation Ifop-Fiducial, Éric Ciotti arrive en tête du second tour des municipales à Nice avec 45 % des suffrages, devançant Christian Estrosi, crédité de 39,5 %. La candidate de gauche Juliette Chesnel-Le Roux complète ce trio avec 15,5 % des voix. Une triangulaire décisive qui aura finalement rebattu les cartes d’un scrutin annoncé serré.
Dès le premier tour, le rapport de force s’était dessiné en faveur du patron de l’Union des droites pour la République, allié au Rassemblement national, qui avait déjà pris l’avantage avec 43,43 %. Christian Estrosi, maire sortant et figure du parti Horizons, accusait alors un retard significatif avec 30,92 %. Entre les deux tours, la stratégie du « front républicain » n’a pas pris. L’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux a refusé de se retirer, malgré les appels insistants du maire sortant, préférant maintenir sa candidature dans une logique d’indépendance politique.
Cette décision a pesé lourd dans l’issue du scrutin. En refusant toute alliance de circonstance, la gauche a contribué à maintenir une division des voix face à Éric Ciotti, consolidant ainsi son avance. Une posture assumée par la candidate, qui a dénoncé les pressions venues, selon elle, de différents cercles politiques, y compris nationaux.
Au-delà du jeu local, ce scrutin illustre la fracture profonde qui traverse la droite française. Anciennement alliés au sein des Républicains, Christian Estrosi et Éric Ciotti incarnent désormais deux lignes irréconciliables : l’une tournée vers la majorité présidentielle, l’autre assumant un rapprochement avec l’extrême droite.
Cette division a été accentuée par la position ambiguë de Bruno Retailleau. Le chef de file des Républicains a refusé de donner une consigne de vote claire en faveur de Christian Estrosi, malgré un accord national entre LR et Horizons. Une posture critiquée jusque dans son propre camp, révélatrice des tensions internes qui fragilisent la droite traditionnelle.
Rarement une campagne municipale aura autant ressemblé à un règlement de comptes. Entre accusations mutuelles, attaques personnelles et polémiques en chaîne, le débat de fond a souvent été relégué au second plan. L’ambiance, parfois électrique, a culminé avec la diffusion de rumeurs visant l’état de santé de Christian Estrosi, contraint de les démentir publiquement.
Plus grave encore, un acte à caractère antisémite a marqué la campagne avec la découverte d’une tête de porc ornée d’une étoile de David devant le domicile du maire sortant. Si l’enquête n’a pas établi d’implication directe de son équipe, elle a mis en lumière des connexions troublantes dans son entourage, alimentant un climat déjà délétère.
Au terme de cette séquence politique agitée, Éric Ciotti s’impose comme le nouvel homme fort de Nice. Une victoire qui dépasse le cadre local et pourrait bien résonner sur l’ensemble de l’échiquier politique national.
Source : RTL