Le premier tour des municipales à Paris place le socialiste Emmanuel Grégoire en tête, selon les premières estimations publiées dimanche soir. Crédité d’un peu plus de 36 % des voix, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo devance nettement la candidate de la droite Rachida Dati. Un second tour très ouvert se dessine dans la capitale, avec plusieurs listes susceptibles de s’y maintenir.
La bataille pour la mairie de Paris entre dans sa phase décisive. Selon les premières estimations de l’institut Ipsos-BVA publiées dimanche 15 mars au soir, Emmanuel Grégoire arrive en tête du premier tour des élections municipales avec 36,4 % des suffrages. Le candidat socialiste, soutenu par les écologistes et les communistes pour succéder à Anne Hidalgo, devance nettement la candidate Les Républicains Rachida Dati, créditée de 24,8 %. Derrière ce duel attendu, la candidate de La France insoumise Sophia Chikirou atteint 13,7 %, tandis que le centriste Pierre-Yves Bournazel recueille 11,8 % des voix et se qualifierait également pour le second tour.
Dans une déclaration prononcée peu après 21 heures à la Rotonde Stalingrad, dans le XIXᵉ arrondissement où se situait son quartier général, Emmanuel Grégoire a salué un résultat qu’il considère comme un signal politique clair. « Les Parisiennes et les Parisiens nous ont placés largement en tête de ce premier tour », a-t-il déclaré devant ses soutiens et de nombreux journalistes présents. L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo s’est toutefois gardé de toute célébration prématurée. « Vous avez voté pour la gauche qui peut gagner, pour la gauche qui veut gagner, mais rien n’est fait », a-t-il insisté, appelant à la mobilisation pour le second tour prévu le 22 mars.
Le candidat socialiste s’est également présenté comme le principal rempart face à la droite et à l’extrême droite dans la capitale. Selon lui, un rapprochement entre la liste menée par Rachida Dati et celle de la candidate Reconquête Sarah Knafo serait inévitable dans l’entre-deux-tours. « Face à la droite et à l’extrême droite, seule la liste que je conduis peut gagner », a-t-il affirmé, appelant les électeurs à défendre « un Paris fier, populaire et juste ».
Les estimations dessinent en effet une configuration complexe pour le second tour. Si Ipsos-BVA crédite Sarah Knafo de 9,9 %, ce qui la placerait juste en dessous du seuil de qualification, l’institut Ifop estime pour sa part qu’elle pourrait atteindre 10 % des suffrages et se maintenir. Dans ce cas, le second tour pourrait prendre la forme d’une quadrangulaire, voire d’une configuration encore plus éclatée, selon les alliances ou retraits éventuels.
Dans les quartiers généraux des différents candidats, la soirée électorale s’est déroulée dans des ambiances contrastées. Au QG de Rachida Dati, installé dans un local discret du XIIᵉ arrondissement, les journalistes étaient nombreux mais les militants peu présents au moment de l’arrivée de la candidate. Du côté de La France insoumise, réunie dans un bar du Xe arrondissement pour soutenir Sophia Chikirou, les militants ont accueilli avec soulagement des résultats jugés meilleurs que ceux annoncés par certains sondages.
La soirée a également été marquée par quelques tensions et polémiques. L’équipe de campagne de Rachida Dati a refusé l’accréditation d’une journaliste du Nouvel Observateur pour couvrir la soirée électorale, une décision dénoncée publiquement par la direction de la rédaction de l’hebdomadaire. Par ailleurs, La France insoumise a signalé dans l’après-midi une inversion de bulletins de vote dans plusieurs bureaux des XIIᵉ, XVIIIᵉ et XXᵉ arrondissements, un incident qui pourrait entraîner l’annulation de certains votes.
La participation, quant à elle, apparaît en nette hausse par rapport aux municipales de 2020, organisées au début de la pandémie de Covid-19. Selon la préfecture de région, elle atteignait 44,01 % à 17 heures, contre 32,96 % à la même heure lors du précédent scrutin. Le seuil de 10 % des suffrages est nécessaire pour accéder au second tour, tandis que les listes dépassant 5 % peuvent fusionner avec d’autres candidats.
Alors que plus de neuf cents bureaux de vote restaient encore à dépouiller en début de soirée, les premières tendances confirment déjà une chose : la succession d’Anne Hidalgo, qui dirige la capitale depuis douze ans, s’annonce comme l’un des scrutins municipaux les plus disputés de ces dernières années. Dans une ville observée bien au-delà de ses frontières, le second tour pourrait redessiner durablement l’équilibre politique parisien.
Sources :
Libération – Live « Résultats des municipales 2026 à Paris » – https://www.liberation.fr
Préfecture de la région Île-de-France – Données de participation – https://www.prefectures-regions.gouv.fr