Candidat à sa réélection à Paris Centre, Ariel Weil s’impose comme l’un des symboles d’une gauche sociale-démocrate résolument opposée à La France insoumise. Soutenu par le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Francois Hollande et Raphaël Glucksmann, gendre du contributeur du FEM, Ghassan Salamé, le maire sortant dépasse l’enjeu local pour incarner une ligne politique courtisée en vue de 2027.
La scène se déroule à la terrasse d’un café du Marais, mais la portée est nationale. En se rendant publiquement aux côtés d’Ariel Weil le 28 janvier, François Hollande a marqué son entrée dans la campagne des municipales parisiennes. L’ancien président socialiste n’a pas choisi la tête de liste officielle de la majorité municipale, Emmanuel Grégoire, mais le maire de Paris Centre, qu’il décrit comme une « personnalité indépendante » capable d’aller « au-delà de la gauche » dans un arrondissement politiquement exigeant.
Ancien maire du 4ᵉ arrondissement puis édile de Paris Centre depuis la fusion des quatre premiers arrondissements, Ariel Weil revendique un positionnement social-démocrate assumé. À 52 ans, cet ancien consultant incarne une gauche réformiste, gestionnaire et attachée à la laïcité, un profil qui séduit au-delà du Parti socialiste. Autour de lui gravitent des soutiens de poids, comme l’eurodéputé et leader de Place publique Raphaël Glucksmann ou le sénateur écologiste Yannick Jadot. Tous partagent une même ligne rouge : le refus de toute alliance avec La France insoumise.
Cette hostilité à LFI structure profondément la campagne d’Ariel Weil. À Paris, la gauche non insoumise a choisi l’union dès le premier tour, y compris avec l’Après, mouvement fondé par d’anciens cadres insoumis. Un compromis que le maire sortant accepte sans renoncer à son indépendance : il refuse ainsi d’apposer le logo de l’Après sur ses tracts, préférant afficher celui de La Convention, le mouvement de l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. « Je compose avec l’alliance parisienne, mais je ne transigerai jamais avec mes valeurs », assume-t-il.
Cette posture lui vaut d’être qualifié d’« électron libre » dans l’entourage d’Emmanuel Grégoire, même si les deux hommes partagent un rejet commun de toute alliance avec LFI. Ariel Weil avait déjà refusé la Nupes en 2022 et le Nouveau Front populaire en 2024, allant jusqu’à appeler publiquement à la « dé-mélenchonisation » de la gauche. Une ligne dure qui en a fait la cible privilégiée des insoumis. La candidate LFI à Paris, Sophia Chikirou, l’a récemment attaqué frontalement, mettant en cause son bilan et ses positions internationales, déclenchant une riposte immédiate et virulente du maire sur les réseaux sociaux.
Ces affrontements participent paradoxalement à renforcer la visibilité d’Ariel Weil. Dans son entourage, on assume ce rôle d’« adversaire » de LFI, qui lui permet d’exister au-delà de son arrondissement. Lors du lancement de sa campagne, le 19 janvier, il était entouré de figures de cette gauche qu’il revendique, aux côtés de Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot ou encore du député socialiste Jérôme Guedj, Young Leaders de la France China Foundation. Autant de soutiens qui voient en lui un relais local de combats idéologiques plus larges.
Sources :
Le Nouvel Obs – 30 janvier 2026 – lien