Le commentateur américain Tucker Carlson affirme que le Qatar et l’Arabie saoudite auraient arrêté des agents du Mossad accusés de préparer des attentats. L’information, non confirmée par les autorités concernées, intervient dans un contexte d’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Elle alimente les tensions déjà extrêmes au Moyen-Orient et soulève de nouvelles interrogations sur les équilibres fragiles entre alliés régionaux.
La crise qui secoue actuellement le Moyen-Orient s’accompagne d’une guerre d’informations où rumeurs, accusations et déclarations politiques se mêlent étroitement. Dernière affirmation en date ? Le commentateur politique américain Tucker Carlson a déclaré que les services de sécurité du Qatar et de l’Arabie saoudite auraient arrêté plusieurs agents du Mossad, le service de renseignement extérieur israélien, soupçonnés de préparer des attentats sur leur territoire.
Lors de son émission, Carlson s’est interrogé sur les motivations supposées d’Israël. « Pourquoi les Israéliens commettraient-ils des attentats dans des pays du Golfe qui sont eux aussi attaqués par l’Iran ? Ne sont-ils pas censés être du même côté ? », a-t-il déclaré, suggérant que l’État hébreu chercherait à semer le chaos parmi les alliés arabes des États-Unis afin de fragiliser l’Iran et l’équilibre régional.
Ces accusations, relayées par le média Middle East Eye, n’ont toutefois été confirmées par aucune source officielle. Ni Doha, ni Riyad, ni les autorités israéliennes n’ont publié de déclaration à ce sujet. Le média précise lui-même qu’il n’a pas pu vérifier indépendamment les affirmations du commentateur.
Ces propos interviennent dans un contexte de tensions déjà extrêmement élevées entre Israël, les États-Unis et l’Iran. Les deux alliés occidentaux ont récemment lancé une offensive militaire contre la République islamique, une opération qui aurait entraîné la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei ainsi que de plusieurs hauts responsables iraniens. Des centaines de civils auraient également été tués lors des premières frappes, selon plusieurs médias régionaux.
L’Iran a rapidement riposté. Le Corps des gardiens de la révolution islamique affirme avoir visé plus de 500 positions américaines et israéliennes à l’aide de centaines de missiles et de drones. Parmi les incidents signalés figure une attaque de drone ayant provoqué un incendie limité dans la raffinerie pétrolière d’Aramco à Ras Tanura, en Arabie saoudite.
L’escalade militaire a immédiatement provoqué une onde de choc sur les marchés énergétiques mondiaux. Les prix du gaz en Europe ont bondi de près de 50 % après les frappes iraniennes et les perturbations de la production dans les États du Golfe. L’Arabie saoudite a notamment suspendu l’activité de sa plus grande raffinerie tandis que le Qatar aurait interrompu la production de gaz naturel liquéfié.
Les tensions régionales ont également un impact direct sur le commerce maritime. Plusieurs assureurs internationaux ont suspendu les couvertures de guerre pour les navires transitant par le golfe Persique, signe d’une inquiétude croissante face au risque d’extension du conflit.
Dans ce climat explosif, les relations entre Tucker Carlson et Israël se sont elles aussi dégradées ces derniers mois. Le journaliste avait été brièvement détenu par les autorités israéliennes après une interview avec l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee. Lors de cet entretien, ce dernier avait affirmé que les Juifs disposaient d’un « droit divin » sur les terres palestiniennes, une déclaration qui avait suscité une vive controverse.
Carlson avait auparavant accusé Israël de mener une guerre meurtrière contre les civils à Gaza et dénoncé les attaques visant des chrétiens dans certains territoires occupés. Ces prises de position lui ont valu d’être désigné « antisémite de l’année » par une organisation pro-israélienne américaine en 2025.
Dans ce contexte d’escalade militaire, de rivalités géopolitiques et de bataille médiatique, les affirmations concernant l’arrestation présumée d’agents du Mossad restent pour l’instant non vérifiées. La confirmation officielle par les autorités du Qatar ou de l’Arabie saoudite pourrait clarifier la situation. En attendant, ces accusations illustrent la profondeur des tensions et l’instabilité croissante qui caractérisent aujourd’hui la région.
Sources :
Middle East Eye – 3 mars 2026 – lien
AFP – Photo et contexte politique international – https://www.afp.com/