En pleine escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran, un élu républicain brise le consensus dans son propre camp. Le député du Kentucky Thomas Massie accuse le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump d’utiliser les frappes contre l’Iran pour détourner l’attention de l’affaire Epstein. Une déclaration explosive qui ravive les tensions politiques à Washington et relance les demandes de transparence autour des documents liés au réseau de trafic sexuel.
Alors que les États-Unis et Israël intensifient leurs frappes contre l’Iran, une voix discordante s’élève au sein même du camp républicain. Le député du Kentucky Thomas Massie, figure libertarienne connue pour ses prises de position indépendantes, a publiquement mis en cause la stratégie de Donald Trump en liant l’escalade militaire à l’affaire Jeffrey Epstein.
Dimanche, Massie a publié un message cinglant sur le réseau social X, laissant entendre que l’offensive contre l’Iran pourrait servir de diversion politique. « PSA : bombarder un pays à l’autre bout du monde ne fera pas disparaître les dossiers Epstein, pas plus que le Dow Jones au-dessus des 50 000 points », a-t-il écrit. Une phrase lapidaire, mais lourde de sous-entendus dans un climat politique déjà extrêmement tendu.
Depuis plusieurs mois, Massie fait partie des élus qui réclament la publication intégrale des documents liés à l’affaire Epstein, ce réseau de trafic sexuel impliquant l’homme d’affaires Jeffrey Epstein et de nombreuses personnalités de premier plan. L’élu affirme vouloir lever toute opacité autour des clients présumés du financier, mort en détention en 2019 dans des circonstances controversées.
Dans une autre publication, le député a dénoncé les pressions politiques qu’il estime subir pour ses prises de position. Il a notamment partagé un message affirmant que le Republican Jewish Coalition Victor Fund aurait investi près de 2,87 millions de dollars dans une campagne médiatique visant à l’attaquer lors de sa prochaine élection. Massie y voit une réaction directe à ses efforts pour exposer, selon ses termes, « le réseau mondial de trafic sexuel Epstein » et pour exiger que toute intervention militaire contre l’Iran fasse l’objet d’un vote du Congrès.
Car au-delà de la question Epstein, l’élu conteste aussi la légitimité constitutionnelle de l’intervention militaire en cours. « Je suis opposé à cette guerre. Ce n’est pas “America First” », a-t-il écrit, reprenant l’un des slogans emblématiques du trumpisme pour mieux en souligner, selon lui, la contradiction. Il a annoncé son intention de travailler avec le député démocrate Ro Khanna afin d’imposer un vote du Congrès sur toute déclaration de guerre contre l’Iran.
Aux États-Unis, la Constitution confère en effet au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre, même si les présidents ont souvent engagé des opérations militaires sans autorisation formelle du législatif. Massie souhaite contraindre les élus à se positionner publiquement sur le conflit.
Ses déclarations ont immédiatement suscité une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux, révélant les fractures profondes au sein de la base conservatrice. Certains internautes ont soutenu l’élu, estimant que l’affaire Epstein reste entourée de trop nombreuses zones d’ombre. D’autres ont au contraire dénoncé une critique jugée déplacée en période de confrontation internationale.
Certains commentaires ont même adopté un ton particulièrement virulent. « Ils déclencheront la troisième guerre mondiale avant d’arrêter quelqu’un de la liste des clients d’Epstein », a écrit un compte se présentant comme l’American Liberty Caucus. D’autres internautes ont reproché à Massie de s’attaquer systématiquement au président et de fragiliser l’unité politique face à l’Iran.
Habitué des confrontations avec Donald Trump, Thomas Massie a déjà été critiqué par l’ancien président à plusieurs reprises ces dernières années pour son indépendance au Congrès. Cette nouvelle sortie pourrait accentuer les tensions entre les deux hommes à un moment où la politique étrangère américaine redevient un enjeu central du débat national.
Pour l’heure, le député du Kentucky ne semble pas vouloir reculer. En continuant de réclamer la publication des documents Epstein et un vote du Congrès sur la guerre contre l’Iran, il s’inscrit dans une stratégie de confrontation directe avec la ligne dominante de son parti. Et à Washington, ce genre de sortie ne passe jamais inaperçu.
Sources :
Yahoo News – Article publié le 3 mars 2026 – lien