Cinq jours après le lynchage mortel de Quentin Deranque à Lyon, les enquêteurs ont procédé à quatre premières interpellations ce mardi soir. Parmi les personnes arrêtées figure Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. L’enquête, requalifiée en homicide volontaire, entre dans une phase décisive.
L’enquête sur la mort de Quentin Deranque connaît un tournant majeur. Selon les informations du Parisien, confirmées par le procureur de Lyon, quatre suspects ont été interpellés ce mardi soir dans le cadre des investigations sur le lynchage du jeune militant nationaliste de 23 ans, survenu jeudi dernier dans le 7e arrondissement de Lyon.
Les arrestations ont été menées par les policiers de la Division de la criminalité territoriale (DCT), chargée de l’enquête. Celle-ci a été requalifiée en « homicide volontaire », « violences aggravées » et « association de malfaiteurs », des qualifications criminelles qui traduisent la gravité des faits désormais retenus par le parquet.
Parmi les personnes interpellées figure Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire du député Raphaël Arnault et fondateur à Lyon de la Jeune garde, un mouvement d’ultra-gauche dissous en 2025. Son nom avait été évoqué ces derniers jours dans plusieurs médias, alors que les enquêteurs tentaient d’identifier l’ensemble des protagonistes présents en marge de la conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
Une identification méthodique
Si ces premières interpellations interviennent cinq jours après les faits, c’est que les enquêteurs ont privilégié un travail minutieux. Selon le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, les services de police ont cherché à identifier « l’ensemble des auteurs directs des faits criminels » sur la base d’éléments matériels, et non de rumeurs circulant sur les réseaux sociaux ou dans le débat public.
Les policiers disposent de plusieurs vidéos captées le soir des faits, qu’il s’agisse d’images de vidéosurveillance ou d’enregistrements réalisés par des témoins. Ces éléments ont permis de retracer la chronologie de la rixe ayant opposé des militants d’extrême droite et d’extrême gauche, avant le passage à l’acte mortel. Quentin Deranque est décédé samedi des suites d’un traumatisme crânio-encéphalique majeur.
Une affaire hautement sensible
Le déclenchement des interpellations intervient dans un climat politique particulièrement tendu. La mort du jeune homme, issu du milieu identitaire, a provoqué de vives réactions à l’Assemblée nationale et dans l’ensemble du spectre politique.
L’implication présumée d’anciens membres de la Jeune garde et l’interpellation d’un collaborateur parlementaire d’un député de La France insoumise confèrent à l’affaire une dimension politique supplémentaire. Le parquet devra désormais décider des suites judiciaires, notamment d’éventuelles mises en examen à l’issue des gardes à vue.
L’enquête se poursuit afin de déterminer précisément les responsabilités individuelles dans ce drame qui, au-delà de la tragédie humaine, révèle la montée des tensions entre groupes militants radicaux en France.
Sources :
Le Parisien – « Quatre premières interpellations après la mort de Quentin Deranque » – 17 février 2026 – lien