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Mort de Quentin Deranque : accusée par l’extrême droite, Blandine Bardinet était en Amérique du Sud

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Après le décès de Quentin Deranque à Lyon, plusieurs figures de l’extrême droite ont publiquement accusé Blandine Bardinet d’avoir participé aux violences. Or, selon les éléments recueillis par CheckNews et confirmés par des documents de voyage, l’ancienne militante de la Jeune Garde se trouvait à près de 10 000 kilomètres de la France au moment des faits. Une plainte pour diffamation a été déposée.

Dans le sillage de la mort de Quentin Deranque, jeune militant d’extrême droite décédé le 14 février 2026 à Lyon après une agression survenue deux jours plus tôt, une partie de la mouvance identitaire s’est lancée dans une traque numérique des suspects présumés. À partir d’images floues captées lors de la rixe, des noms ont circulé sur les réseaux sociaux, accompagnés d’informations personnelles. Parmi eux, celui de Blandine Bardinet.

L’ancienne militante de la Jeune Garde, organisation antifasciste dissoute en 2025, a été nommément mise en cause par plusieurs figures de l’extrême droite. Damien Rieu, ex-porte-parole de Génération identitaire, a ainsi publié un message sur X l’interrogeant publiquement sur sa présence supposée sur les lieux des faits, avant de supprimer son post. D’autres militants, dont Jean-Eudes Gannat, ancien leader de l’Alvarium, groupe dissous en 2021, ont relayé ces accusations.

Des preuves matérielles de son absence

Or, selon les informations publiées par CheckNews et confirmées par des documents consultés par la rédaction, Blandine Bardinet se trouvait en Amérique du Sud au moment des violences. Elle aurait quitté la France le mercredi 11 février en soirée, pour atterrir le jeudi 12 février en fin de matinée, heure locale. Billets d’avion et visa tamponné à l’arrivée attesteraient de sa présence à l’étranger, à plusieurs milliers de kilomètres de Lyon.

Son nom a pourtant circulé pendant près de deux jours sur les réseaux sociaux, alimentant une vague de harcèlement. Des informations personnelles concernant sa famille ont été diffusées, y compris des éléments relatifs à l’adresse de ses proches. Son père, employé par la métropole de Lyon, a été accusé par certains internautes de protéger sa fille grâce à ses fonctions.

La polémique a également été relayée par le collectif identitaire Nemesis. Sa présidente, Alice Cordier, a évoqué son nom sur Europe 1, au micro de Pascal Praud, avant d’être interrompue à l’antenne. D’autres militants, dont l’influenceuse Mila Orriols ou le militant néofasciste Raphaël Ayma, sont également cités dans la plainte déposée.

Une plainte pour diffamation

Assistée par son avocat Raphaël Kempf, Blandine Bardinet a annoncé le dépôt d’une plainte pour diffamation contre plusieurs personnes ayant relayé ces accusations. Le communiqué précise que d’autres plaintes pourraient suivre si les mises en cause se poursuivent.

Au-delà du cas individuel, l’épisode illustre les dérives possibles des « enquêtes » menées sur les réseaux sociaux à la suite de faits divers fortement politisés. Dans un climat de tension extrême, la circulation rapide d’images partielles et de suppositions peut conduire à des accusations publiques sans vérification préalable, avec des conséquences lourdes pour les personnes visées.

Alors que l’enquête judiciaire sur la mort de Quentin Deranque se poursuit afin d’établir les responsabilités pénales, cette affaire parallèle souligne la fragilité des réputations à l’ère numérique et la puissance des campagnes de désignation en ligne.

Sources :

Libération – CheckNews – « Mort de Quentin Deranque : Blandine Bardinet, la jeune femme incriminée par l’extrême droite, était bien à l’étranger » – 17 février 2026 – lien

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