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Bérangere Couillard. Présdident du Haut Conseil à l'Egalité. Photo : @Antoine Lamielle

Masculinisme : le Haut Conseil à l’Égalité alerte sur une menace « réelle » pour la société française

Dans son rapport annuel publié ce mercredi 21 janvier, le Haut Conseil à l’Égalité dresse un constat alarmant sur l’ampleur persistante du sexisme en France. L’institution met particulièrement en garde contre la progression du masculinisme, une idéologie structurée et haineuse envers les femmes, identifiée comme un enjeu de sécurité nationale. Un phénomène qui prospère notamment sur les réseaux sociaux et touche de plus en plus les jeunes.

La sonnette d’alarme est tirée avec gravité. Dans son dernier rapport annuel publié le 21 janvier, le Haut Conseil à l’Égalité appelle les pouvoirs publics à mettre en place une véritable stratégie nationale de prévention et de lutte contre le masculinisme. Chaque année, ce baromètre analyse l’état du sexisme en France et, cette fois encore, le constat demeure préoccupant : les comportements et représentations sexistes restent profondément ancrés dans la société.

Le rapport distingue deux formes majeures de sexisme. Le sexisme dit paternaliste, qualifié de faussement bienveillant, s’exprime dans les interactions ordinaires et légitime une hiérarchie entre les femmes et les hommes. Il concernerait près d’un quart de la population française. À l’opposé, le sexisme hostile se caractérise par une violence symbolique ou verbale assumée, nourrie par une hostilité explicite envers les femmes. Selon le HCE, 17 % des personnes âgées de 15 ans et plus, soit près de dix millions de Français, adhèrent à ce type de représentations.

C’est dans ce terreau que s’inscrit le masculinisme, défini comme la forme la plus militante et la plus structurée du sexisme hostile. Le rapport souligne la capacité de cette idéologie à se diffuser massivement sur les réseaux sociaux, en particulier auprès des jeunes générations. Certaines de ses branches les plus radicales, comme le mouvement des « incels », pour « célibataires involontaires », désignent les femmes comme responsables de leur isolement affectif et sexuel. Cette mouvance a récemment trouvé un écho dans la série Adolescence, diffusée sur Netflix, la plateforme membre du Forum économique mondial qui met en scène un adolescent britannique arrêté pour le meurtre d’une camarade de classe.

Pour le Haut Conseil à l’Égalité, le danger ne réside pas uniquement dans les discours, mais dans les passages à l’acte qu’ils peuvent susciter. L’institution rappelle qu’à l’été dernier, à Saint-Étienne, un jeune homme de 18 ans soupçonné de vouloir s’en prendre à des femmes à l’arme blanche a été mis en examen par le parquet national antiterroriste. Une première en France pour un individu se revendiquant exclusivement de la mouvance incel.

« Il s’agit d’une menace réelle. À partir du moment où on développe une haine des femmes, il peut y avoir des violences, des actes terroristes », avertit Bérangère Couillard, présidente du HCE et ancienne référente à l’égalité entre les femmes et les hommes au sein du mouvement En Marche puis relais égalité femmes-hommes durant la campagne de l’élection présidentielle de 2022, qui qualifie désormais le phénomène d’enjeu de sécurité nationale. Face à cette radicalisation misogyne, le Conseil formule 25 recommandations, parmi lesquelles l’intégration du « terrorisme misogyne » dans les doctrines de sécurité intérieure.

Le rapport préconise également la création d’une catégorie spécifique « masculinisme » pour les signalements auprès de l’Arcom et de la plateforme Pharos, afin de mieux identifier et traiter les contenus haineux en ligne. Enfin, le HCE insiste sur la nécessité de mettre pleinement en œuvre les séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, pourtant obligatoires dans les établissements scolaires, mais encore trop souvent négligées.

Sources :

franceinfo Le Monde.

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