Près de deux semaines après la mort de Quentin Deranque, la tension ne retombe pas à Lyon. Mails menaçants, alertes à la bombe, tags néonazis et intimidations visant des responsables politiques rythment un climat devenu pesant en pleine campagne des municipales 2026. Les autorités ont ouvert plusieurs enquêtes judiciaires.
La ville de Lyon traverse une séquence particulièrement tendue depuis l’agression mortelle de Quentin Deranque, militant nationaliste lynché en pleine rue par des suspects présentés comme affiliés à l’ultragauche. À mesure que l’émotion suscitée par ce drame s’installe dans le débat public, les répercussions prennent une tournure inquiétante, mêlant menaces explicites et actes d’intimidation.
Lundi, le siège régional du parti Les Écologistes, situé dans le 7ᵉ arrondissement, a été la cible d’un courriel alarmant. Son contenu, d’une violence extrême, évoquait la pose d’explosifs dans les locaux et promettait une déflagration programmée à 16 heures. Les menaces, assorties d’invectives racistes et politiques, accusaient le parti d’être responsable de la mort de Quentin Deranque et annonçaient des représailles. Face à la gravité du message, les responsables ont immédiatement fait évacuer les salariés et militants présents sur place. Camille Crespeau, co-secrétaire régionale, a confirmé qu’une plainte avait été déposée et qu’une enquête de police était en cours.
La tension ne s’est pas limitée à cette formation politique. La CGT de la Ville de Lyon a également reçu, samedi, un message similaire mentionnant des explosifs et promettant que ses membres « mourraient tous ». Là encore, le texte faisait explicitement référence à la mort de Quentin Deranque et annonçait des représailles futures. Le syndicat a déposé plainte.
Dans l’espace public, d’autres signaux sont venus alourdir l’atmosphère. Des tags à caractère néonazi ont été découverts sur les murs de l’école École Albert-Camus, dans le 5ᵉ arrondissement. Parmi les inscriptions figurait une croix celtique stylisée, symbole chrétien détourné par des mouvances d’extrême droite, ainsi que la mention « Lyon nationaliste ! ». Ces dégradations interviennent alors que des saluts nazis, des insultes racistes et homophobes ont été signalés lors de la marche d’hommage organisée samedi en mémoire de Quentin Deranque. Le parquet de Lyon a ouvert plusieurs enquêtes afin d’identifier les auteurs.
La campagne des municipales 2026, déjà marquée par des clivages prononcés, se trouve ainsi percutée par une spirale de menaces et de radicalisation. La candidate de La France insoumise, Anaïs Belouassa-Cherifi, a déclaré être la cible de menaces de mort et de viol depuis l’annonce du décès. Mise en cause pour ses liens avec la Jeune Garde, elle affirme subir un harcèlement en ligne d’une intensité croissante.
Dans ce contexte, les autorités judiciaires et policières sont mobilisées pour prévenir tout passage à l’acte. L’accumulation d’alertes à la bombe et de messages haineux témoigne d’un climat délétère où la violence verbale s’invite désormais au cœur de la vie démocratique locale. À Lyon, la campagne électorale se déroule désormais sous haute tension, dans une ville encore sous le choc.
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