À Lyon, environ 3 200 personnes ont participé ce samedi 21 février à une marche en hommage à Quentin Deranque, militant nationaliste de 23 ans mortellement agressé le 12 février. Encadré par un important dispositif policier, le rassemblement s’est déroulé dans un calme relatif, malgré des slogans virulents et quelques salut nazis. Une interpellation pour port d’arme a été effectuée en fin de manifestation.
La mobilisation était annoncée comme sensible. Elle a rassemblé, selon la préfecture du Rhône, 3 200 participants dans les rues de Lyon ce samedi 21 février, en hommage à Quentin Deranque, étudiant et militant nationaliste décédé le 14 février, deux jours après avoir été violemment frappé à l’issue d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan. Les organisateurs, eux, ont avancé le chiffre de 3 500 personnes.
Dès la mi-journée, la tension était palpable. À 14 h 25, la préfète du Rhône, Fabienne Buccio, rappelait les règles strictes encadrant la manifestation : « Pas de visage cagoulé, pas de geste intempestif », insistant sur la nécessité qu’aucun débordement ne survienne en dehors du cortège déclaré.
Peu avant le départ, une messe a été célébrée à l’église Saint-Georges, paroisse fréquentée par Quentin Deranque. Entre 200 et 300 fidèles y ont assisté, selon les équipes de BFMTV présentes sur place. Le prêtre a appelé les proches du jeune homme à « porter sa croix », dans une atmosphère recueillie.
À partir de 16 heures, la marche s’est élancée depuis la place Jean-Jaurès, dans le 7e arrondissement. Le parcours empruntait la rue Pré-Gaudry, la rue Crépet puis le boulevard Yves Farge, avant de s’achever rue Victor Lagrange, lieu de l’agression mortelle survenue le 12 février. Dans la foule, majoritairement composée de jeunes hommes vêtus de noir, de nombreux portraits de l’étudiant nationaliste étaient brandis.
En tête du cortège figurait notamment le collectif identitaire Némésis, représenté par sa porte-parole Alice Cordier. Des membres du mouvement étaient déjà présents lors de la conférence de Rima Hassan, à l’issue de laquelle des heurts avaient éclaté entre groupuscules d’extrême droite et d’extrême gauche. Selon nos informations, Michel Dulac, fondateur du mouvement Spartacus était présent sur place, tout comme Véronique Faure de l’Union des droites de Savoie, tandis que Francis Lalanne était pressenti, sans que nous sachions s’il a réellement assisté à la marche. Le sénateur Les Républicains du Rhône, Étienne Blanc, était a également présent. Il indiqué au Monde être présent « à titre personnel », affirmant ne pas vouloir rester « dans l’indifférence » face à ce qu’il qualifie d’« assassinat monstrueux ».
Les slogans ont rythmé la progression du cortège. « Antifas assassins », « LFI complice » ou encore « On est chez nous » ont été scandés à plusieurs reprises. Si certains participants visaient explicitement La France insoumise, l’enquête judiciaire en cours n’a, à ce stade, établi aucun lien direct entre le parti et les faits. Dans le cadre de l’information ouverte pour homicide, sept hommes ont été mis en examen, dont deux collaborateurs du député insoumis Raphaël Arnault. Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire de ce dernier, a notamment été mis en examen pour « complicité par instigation ».
Des dérives qui ont entrainées trois signalements selon la Prefette
Alors que la Prefette avait interdit les « geste intempestifs » des dérapages ont été constatés. La vidéo d’un militant effectuant des saluts nazis avant d’être rappelé à l’ordre par le service d’ordre a circulé sur les réseaux sociaux et a été reprise à son compte par l’insoumis, Aurélien Le Coq.
D’autres images de ce types circulent sur X. Selon BFMTV, la préfète du Rhône Fabienne Buccio a fait au moins trois signalements auprès de la justice pour des propos tenus pendant la marche.
Ces signalements concernent des saluts nazis, mais également des propos tels que « à bas les bougnoules » ou « sales bougnoules ». Une vidéo dans laquelle on peut entendre ces noms d’oiseaux circulent également sur les réseaux et a été reprise à son compte par l’Insoumis, Hadrien Clouet.
En queue de cortège, une interpellation pour port d’arme a été réalisée par les forces de l’ordre. Selon la préfecture, un individu était en possession d’un couteau et d’un marteau. À ce stade, aucune certitude n’a été établie quant à son éventuelle appartenance à une mouvance politique. Peu après 18 heures, les participants ont commencé à se disperser, sans affrontement majeur signalé.
À 17 h 27, la tête du cortège atteignait la rue Victor Lagrange. Une gerbe de fleurs a été déposée à l’endroit précis où Quentin Deranque a été frappé. Une banderole noire et blanche portant l’inscription « Adieu camarade » a été déployée, accompagnée d’un chrisme, symbole chrétien repris par certains courants d’extrême droite intégriste. Des torches ont été allumées devant la banderole, tandis que la foule reprenait en chœur « On va reprendre ce pays ». Les personnes encore présentes se sont ensuite succédées dans le calme pour rendre un dernier hommage a Quentin, souvent en effectuant un signe de croix, témoignant d’une certaine ferveur.
En amont de la manifestation, le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, avait déclaré que sa ville ne devait pas devenir « la capitale de l’ultradroite ». Dans un climat politique déjà tendu, la marche d’hommage s’est ainsi inscrite dans une séquence nationale marquée par la récupération politique du drame et par une polarisation accrue des débats autour des violences entre militants radicaux.
Sources :
Le Monde – 21 février 2026 – https://www.lemonde.fr
BFMTV – DIRECT. Hommage à Quentin Deranque, 21 février 2026 – https://www.bfmtv.com
Libération – 21 février 2026 – https://www.liberation.fr
Le Figaro – 21 février 2026 – https://www.lefigaro.fr