À Lyon, au moins dix mineurs non accompagnés se sont vu refuser l’accès à un hébergement d’urgence malgré le déclenchement du plan grand froid. Dans un communiqué, le Collectif Soutiens/Migrants Croix-Rousse dénonce des dysfonctionnements répétés et réclame une prise en charge immédiate et digne.
La situation est jugée critique par les acteurs de terrain. Dans un communiqué diffusé ce lundi 5 janvier, le Collectif Soutiens/Migrants Croix-Rousse alerte sur le refoulement d’au moins dix mineurs non accompagnés du dispositif de mise à l’abri du plan grand froid à Lyon. Des jeunes particulièrement vulnérables, dont certains avaient pourtant dormi la veille au gymnase Chanfray, se retrouvent de nouveau à la rue en plein hiver.
Selon le collectif, ces refus sont la conséquence de « cafouillages » et de modifications incessantes des procédures d’inscription pour accéder à un lit dans le gymnase ouvert dans le cadre du plan grand froid. Malgré le respect scrupuleux des consignes données par le 115 et par l’Armée du Salut, plusieurs jeunes auraient été « oubliés » sur les listes officielles, les privant ainsi d’hébergement pour la nuit.
Le second gymnase du plan froid, ouvert le 31 janvier 2025 par la préfecture du Rhône, la Métropole de Lyon et la Ville de Lyon, était pourtant destiné spécifiquement aux mineurs en recours issus du campement des Chartreux. Depuis son ouverture, le Collectif Soutiens/Migrants Croix-Rousse affirme avoir consacré un temps considérable à recenser les jeunes concernés et à transmettre quotidiennement les listes à l’Armée du Salut, chargée de la gestion du site, ainsi qu’à la Maison de la Veille Sociale, responsable des inscriptions via le 115.
Mais pour la deuxième fois en une semaine, la procédure aurait déraillé. Alors qu’une liste complète de jeunes souhaitant être hébergés a été envoyée au 115 à 13 h 36, dans les délais convenus, le collectif a été informé moins d’une heure plus tard que le gymnase était déjà complet. Résultat : seuls 63 lits sur les 110 disponibles seraient finalement réservés aux mineurs cette nuit, alors même que le site a été ouvert pour eux.
Cette situation entraîne des conséquences humaines lourdes. Des jeunes qui se présenteront comme prévu à l’ouverture du gymnase à 16 heures devront, eux aussi, faire demi-tour. Le collectif souligne la grande détresse physique et psychique de ces mineurs, déjà éprouvés par la vie à la rue, qui peinent parfois à saisir l’opportunité d’une mise à l’abri. Les refus répétés renforcent un sentiment d’abandon et découragent ceux qui avaient trouvé la force d’entamer les démarches nécessaires.
« L’idée de rester à la porte du gymnase alors même qu’ils se sont inscrits en bonne et due forme finit de démotiver ceux qui avaient réussi à trouver l’énergie d’entreprendre la démarche », déplore le Collectif dans son communiqué. Certains jeunes, démoralisés, refuseraient même de quitter leur tente, se mettant davantage en danger face au froid.
Face à l’urgence, le Collectif Soutiens/Migrants Croix-Rousse exige la création immédiate de places supplémentaires afin d’accueillir l’ensemble des jeunes inscrits dès ce soir, ainsi que toutes les personnes à qui une place a déjà été promise. Au-delà de l’échéance du 9 janvier, date de fin annoncée du dispositif actuel, le collectif réclame une prise en charge « digne et pérenne » de tous les mineurs en recours sur le territoire de la Métropole de Lyon.
Sources :
Communiqué du Collectif Soutiens/Migrants Croix-Rousse – 5 janvier 2026