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Le tunnel de Fourvière. Photo : @Jeanne Menjoulet

Lyon : le méga-tunnel d’Aulas et Sarselli sous Fourvière vivement rejeté par les écologistes et le RN

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Le projet de « Nouvelle traversée de Fourvière », porté par Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli à trois mois des municipales, suscite une levée de boucliers à Lyon. La majorité écologiste, la gauche et le Rassemblement national dénoncent un chantier jugé inutile, coûteux et en contradiction avec les priorités de mobilité et de santé publique.

À peine dévoilé, déjà contesté. Annoncé le lundi 5 janvier 2026, le projet de construction d’un tunnel routier de huit kilomètres sous Lyon, destiné à doubler l’actuel tunnel de Fourvière et à relier la M6 à la M7 en contournant l’échangeur de Perrache, s’est immédiatement heurté à une opposition politique transversale. Cette « Nouvelle traversée de Fourvière », défendue par Jean-Michel Aulas, candidat à la mairie de Lyon, et Véronique Sarselli, candidate à la présidence de la Métropole, cristallise les tensions de la rentrée politique lyonnaise.

Du côté de l’exécutif écologiste sortant, la riposte a été immédiate. L’entourage de Bruno Bernard fustige un projet « hors-sol, inutile et financièrement irresponsable ». Pour la majorité métropolitaine, cette infrastructure lourde ne répondrait en rien aux besoins réels de déplacement des habitants de l’agglomération.

Chargé de démonter le projet, le vice-président métropolitain aux Transports, Jean-Charles Kohlhaas, rappelle que seuls 15 % des véhicules empruntant le tunnel de Fourvière sont en transit. La grande majorité des déplacements ont pour origine ou destination Lyon ou Villeurbanne. Dans ce contexte, la création d’un nouvel ouvrage souterrain ne ferait, selon lui, que déplacer le problème sans réduire ni la congestion sur l’axe M6-M7, ni la pollution atmosphérique. « C’est une vision du tout-voiture qui appartient au siècle dernier », tranche-t-il.

Les élus écologistes des arrondissements lyonnais emboîtent le pas. Yasmine Bouagga, maire du 1er arrondissement, évoque un « grand projet du passé », tandis que Rémi Zinck, maire du 4e, dénonce un chantier colossal qui maintiendrait le trafic autoroutier européen au cœur de la ville, à rebours des objectifs de qualité de vie et de santé publique affichés par la Métropole.

Au-delà de l’enjeu environnemental, la question financière nourrit une vive controverse. Le coût avancé par l’équipe Aulas-Sarselli oscille entre 1,6 et 2 milliards d’euros, sur la base d’un estimatif de 200 millions d’euros par kilomètre pour un tunnel à deux fois deux voies. Un montant jugé irréaliste par la majorité sortante, qui évoque un risque majeur pour les finances métropolitaines, quel que soit le scénario retenu.

Pour tenter de rendre le projet soutenable, Jean-Michel Aulas n’exclut pas un partenariat public-privé, reposant sur la mise en place d’un péage. Une hypothèse vivement critiquée par les écologistes, qui estiment qu’un tel dispositif pénaliserait avant tout les actifs du territoire sans garantir un financement suffisant. L’évocation d’un péage modulé par intelligence artificielle, différenciant les automobilistes du Grand Lyon et ceux de l’extérieur, n’a pas davantage convaincu.

Fait notable, le rejet du projet dépasse le clivage majorité-opposition. Le Rassemblement national s’est lui aussi positionné contre le tunnel. Sa candidate métropolitaine, Tiffany Joncour, dénonce une « illusion politique », inefficace et déconnectée des réalités locales. Le RN plaide pour une alternative jugée plus pragmatique : le contournement autoroutier par l’Est, déjà étudié et destiné à détourner le trafic de transit hors de l’agglomération lyonnaise à un coût inférieur, même si Alexandre Humbert Dupalais, candidat de l’Union des droites pour la République (UDR), soutenu par le RN avait pour intention de proposer un projet de tunnel, comme il nous l’avait confié lors de la soirée de lancement de sa campagne.

La contestation s’étend également aux communes concernées par les conséquences du chantier. À Saint-Fons, le maire Christian Duchêne affirme son opposition ferme, redoutant une concentration des rejets polluants des cheminées de ventilation du tunnel dans les quartiers populaires. Une inquiétude qui renforce la dimension sanitaire du débat et alimente les critiques sur un projet perçu comme socialement déséquilibré.

À trois mois des municipales de 2026, la « Nouvelle traversée de Fourvière » apparaît déjà comme un marqueur politique fort, révélateur de visions antagonistes de l’avenir des mobilités lyonnaises.

Sources :

Actu Lyon – Article publié le 5 janvier 2026 – lien

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