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Blocage de la M7 : les agriculteurs durcissent le mouvement et réclament un soutien concret de l’État

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Depuis ce lundi 5 janvier, la M7 au sud de Lyon est totalement bloquée par des agriculteurs venus de toute la région Auvergne-Rhône-Alpes. À l’initiative de la Coordination rurale, le mouvement s’inscrit dans une mobilisation nationale visant à alerter sur la détresse du monde paysan et à exiger des réponses immédiates de l’État.

La colère agricole s’est de nouveau invitée aux portes de Lyon. Dès l’aube, lundi 5 janvier, une trentaine puis une cinquantaine de tracteurs ont investi la M7 à hauteur de Pierre-Bénite, bloquant totalement la circulation dans les deux sens. Le mouvement, déclaré en préfecture, est organisé par la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole du pays, qui annonce une mobilisation appelée à durer plusieurs jours.

Venus de l’Ardèche, de l’Isère, de la Savoie ou encore du Rhône, les agriculteurs ont installé un véritable campement sur l’axe routier stratégique. Chapiteaux, barnums, chauffages et dortoirs ont été déployés dès la matinée, laissant peu de doute sur leur détermination à tenir dans la durée. Comme lors des mobilisations précédentes, notamment en 2024, les manifestants entendent maintenir une présence continue, de jour comme de nuit, afin d’éviter toute évacuation.

Sur place, le constat est unanimement sombre. Le président de la Coordination rurale du Rhône, Serge Genevay, dénonce une situation sociale dramatique, marquée par l’épuisement économique et humain de la profession, évoquant des suicides encore trop fréquents dans le milieu agricole.

Les revendications portent notamment sur la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire, avec le refus de l’abattage systématique des bêtes, mais aussi sur le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. Les agriculteurs redoutent une concurrence accrue de produits importés à bas coût, produits selon des normes jugées incompatibles avec les exigences françaises, et y voient une menace directe pour la souveraineté alimentaire.

Au-delà des dossiers techniques, c’est un sentiment d’abandon qui domine. Beaucoup disent ne plus se sentir entendus par les pouvoirs publics. Jean-Marie, céréalier en Isère, confie ne plus savoir s’il pourra continuer son activité, évoquant l’effondrement des revenus, les contraintes de la PAC et l’accumulation des crises sanitaires. À ses côtés, Jean-Louis, agriculteur retraité, venu soutenir le mouvement, parle avec émotion de la transmission difficile à son fils et à son petit-fils, confrontés à une charge de travail et à une pression économique devenues insoutenables.

Le mouvement ne se limite pas au monde agricole. Des citoyens et des associations ont rejoint le blocage pour apporter leur soutien. Certains, venus de Lyon en transports en commun, soulignent que la question agricole concerne l’ensemble de la société, de la qualité de l’alimentation à l’indépendance sanitaire du pays. Pour les manifestants, le message est clair : sans agriculteurs, il n’y a ni souveraineté alimentaire ni sécurité pour les consommateurs.

Du côté des autorités, la préfecture du Rhône a mis en place des déviations et appelle les automobilistes à éviter le secteur, notamment les axes A7, A450 et M7, en privilégiant l’A46. Malgré ces mesures, de fortes perturbations sont constatées et devraient se poursuivre tant que le campement restera en place.

Les organisateurs espèrent maintenir le blocage au moins jusqu’au milieu de la semaine, dans l’attente d’un signal politique fort. À défaut de négociations jugées crédibles, les agriculteurs préviennent qu’ils sont prêts à prolonger le mouvement.

Sources :

Tribune de LyonLyonMag

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