Le gouvernement a confirmé la vente de LMB Aerospace, entreprise corrézienne spécialisée dans des équipements sensibles pour la défense française, au groupe américain Loar Group. Une opération validée sous conditions strictes par l’État, qui entend préserver la souveraineté industrielle et les contrats stratégiques.
C’est une cession hautement sensible pour l’industrie de défense française. Le groupe LMB Aerospace, dont le siège social est implanté à Malemort, en Corrèze, a été officiellement vendu à la société américaine Loar Group. L’annonce, confirmée mercredi par le gouvernement, suscite de nombreuses interrogations politiques et industrielles en raison du caractère stratégique des productions de l’entreprise.
Employant 75 salariés, LMB Aerospace fabrique notamment des ventilateurs destinés aux avions de combat Rafale, aux sous-marins nucléaires, aux hélicoptères Tigre d’Airbus, au char Leclerc ainsi qu’au porte-avions Charles-de-Gaulle. Des composants discrets mais essentiels, intégrés à plusieurs programmes majeurs de l’armement français.
Selon les informations de La Lettre, la cession a été validée par le ministre de l’Économie Roland Lescure, malgré les réticences exprimées par la Direction générale de l’armement. Cette dernière plaidait pour une implication de la Banque publique d’investissement afin de maintenir l’entreprise sous contrôle français.
Face aux critiques venues aussi bien de la droite que de la gauche, le ministère de l’Économie a tenu à rassurer. Dans un communiqué, Bercy affirme avoir imposé à l’investisseur américain « des conditions strictes de maintien en France et de modernisation des capacités industrielles », jugées indispensables à la poursuite des activités stratégiques du site corrézien.
L’État français conservera par ailleurs un levier direct de contrôle. Roland Lescure a confirmé que la France disposera d’une « golden share » au capital de LMB Aerospace, une action spécifique permettant à l’État de bloquer toute décision stratégique jugée contraire aux intérêts nationaux. Ce dispositif doit garantir que l’entreprise poursuive sa production sur le territoire français et que les contrats liés à la dissuasion nucléaire et aux grands programmes militaires soient protégés.
Si le gouvernement assure que cette opération ne remet pas en cause la souveraineté industrielle française, le rachat de LMB Aerospace par un acteur américain illustre une nouvelle fois la fragilité de certaines pépites industrielles face à la mondialisation du secteur de la défense, et relance le débat sur les outils de protection des actifs stratégiques nationaux.
Avant la vente à Loar Group, LMB Aerospace était détenue par un consortium d’investisseurs privés autour de Tikehau Capital, le groupe membre du Forum économique mondial, qui avait acquis l’entreprise en 2022. Ce consortium incluait notamment Amundi Private Equity Funds, autre entité membre du WEF.
Loar Group fait partie du groupe Loar Holdings Inc., société cotée en Bourse à New York sous le symbole LOAR. Elle compte parmi ses principaux actionnaires The Vanguard Group, Inc et BlackRock, fonds de pensions liés au Forum économique mondial.
Sources :
France Bleu – La Lettre