La République démocratique du Congo est secouée par de nouvelles révélations sur un vaste système de corruption et de détournements de fonds publics, évalués à plusieurs milliards de dollars. Ces scandales impliqueraient aussi bien des projets officiels qui n’ont jamais abouti que des pertes colossales dans le secteur minier, un pilier central de l’économie congolaise.
La justice belge a lancé au mois de juillet dernier une enquête approfondie sur les comptes de plusieurs membres de la famille du président Félix Tshisekedi qui s’était rendu à Davos en 2020, suite à une plainte déposée par des ONG katangaises et d’anciens cadres de la Gécamines, société minière publique. Cette plainte dénonce des détournements estimés à 17 milliards de dollars dans le secteur minier, une somme qui représente un préjudice lourd pour la RDC et ses ressources nationales.
Cette enquête judiciaire, ouverte autour de soupçons de blanchiment d’argent et de faits de corruption, cible aussi bien la mauvaise gestion que les soupçons d’enrichissements illicites au plus haut niveau de l’État congolais. Elle fait partie d’un arsenal croissant d’initiatives nationales et internationales visant à combattre l’impunité dans la gouvernance des richesses minières.
Une note explosive de l’ODEP
Parallèlement, l’Organisation de la Défense des Droits et de l’Environnement (ODEP) a publié une note très détaillée attribuée à l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba, jetant un éclairage inquiétant sur un large éventail de détournements internes. Selon ce document, plus de 6 milliards de dollars auraient été siphonnés à travers divers programmes et projets officiels, sans qu’aucune réalisation concrète ne soit constatée.
Cette liste chiffre notamment des montants faramineux alloués à des programmes variés : rétrocommissions, fonds COVID, projets d’infrastructures, achats d’armes, ou encore des investissements dans la Francophonie. Le rapport met aussi en lumière des sommes importantes dédiées à des projets miniers, renforçant l’idée d’une mauvaise gouvernance systémique.
Le contexte économique et politique
La RDC est l’un des pays les plus riches en ressources naturelles, notamment en minerais stratégiques, mais ces richesses sont régulièrement pointées du doigt comme source de conflits et d’appauvrissement de la population. La persistance des pratiques corrompues et des détournements de fonds complique la stabilité politique et freine le développement du pays.
Depuis plusieurs années, les organisations de la société civile, ainsi que certains groupes politiques et internationaux, alertent sur la nécessité d’une réforme profonde de la gestion des ressources et d’une transparence accrue. Ce nouveau dossier renforce ces appels en dévoilant l’ampleur des disparitions d’argent public.
L’enquête belge et les rapports d’ONG comme l’ODEP ouvrent une nouvelle étape dans la lutte anticorruption, en ciblant des faits précis et en impliquant des acteurs à des niveaux élevés. Des perquisitions et des analyses financières sont en cours, mais aucun procès ou condamnation majeure liée à cette enquête spécifique n’a encore été rendu public.