You are currently viewing Italie : « L’axe Renzi-PD, ne tient pas debout, mais sert les élites », Mario Ricciardi
Matteo Renzi et Elly Shlein. Photo : @Gobierno de Chile/© European Union

Italie : « L’axe Renzi-PD, ne tient pas debout, mais sert les élites », Mario Ricciardi

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:EUROPE
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

Dans une interview récente accordée à « Il Fatto Quotidiano », le politologue et éditorialiste Mario Ricciardi a partagé son analyse sur l’évolution du paysage politique italien, notamment sur l’opération visant à déplacer l’axe du « Campo largo » vers la droite. Selon lui, cette manœuvre pourrait affaiblir à la fois le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la gauche, tout en favorisant un repositionnement stratégique du centre-gauche, notamment avec l’intégration du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Matteo Renzi, dans la coalition.

Selon Mario Ricciardi, l’opération en cours vise avant tout à empêcher la formation d’une alliance de gauche en Italie, similaire au Front populaire français. En intégrant Italia Viva (Iv) de Matteo Renzi, l’idée est de créer un Campo largo dans une version plus modérée, susceptible d’attirer des électeurs de droite. Cependant, cela pourrait également provoquer une rupture avec les électeurs de gauche, qui pourraient se détourner du Parti Démocratique (Pd).

Un calcul stratégique risqué
Ricciardi souligne que l’objectif de cette manœuvre n’est pas nécessairement de garantir une victoire contre la droite, mais plutôt d’éviter une montée en puissance de l’extrême gauche et des mouvements populistes. « L’idée est que l’électeur du Pd pourrait être prêt à se boucher le nez une fois de plus », explique le politologue, malgré le risque de voir des électeurs de gauche se détourner du parti. Ricciardi met également en garde contre le fait que la stratégie pourrait ne pas fonctionner si la coalition ne parvient pas à rassembler un large soutien électoral.

L’Impact sur le Pd et ses Alliés
Mario Ricciardi considère que l’entrée de Matteo Renzi dans la coalition pourrait compliquer la mise en place d’une plateforme politique solide pour une alliance de gauche. Renzi, qui a contribué à des réformes controversées du marché du travail, pourrait se heurter à des divergences importantes avec les autres membres de la coalition sur des questions clés telles que la redistribution des richesses et les politiques économiques.

Selon Ricciardi, deux scénarios sont possibles : soit la dirigeante du Pd, Elly Schlein, qui posséde également les nationalités américaine et suisse et a soutenu Obama, parvient à manipuler Renzi en l’obligeant à accepter des compromis sur des sujets sensibles, soit elle est convaincue que Renzi pourra accepter les propositions du Pd, du M5S et de la gauche. Cependant, le politologue s’interroge sur la faisabilité d’une telle majorité politique.

Une Manœuvre soutenue par des Groupes d’Intérêts
L’éditorialiste mentionne également la pression exercée par des groupes d’intérêts pour empêcher la formation d’une coalition de gauche. Il évoque l’influence de ces groupes sur la politique italienne et souligne que, pour eux, une victoire continue de Giorgia Meloni ne serait pas une défaite tant que cela empêche la gauche de prendre le pouvoir. « Les grands médias ont loué Meloni pendant des mois, mais il semble maintenant qu’ils préparent un plan B, anticipant que le gouvernement n’est peut-être pas aussi stable qu’il n’y paraît », analyse-t-il.

L’Auto-sabotage du M5S et les Défis Internes
Mario Ricciardi revient également sur les difficultés rencontrées par le Mouvement 5 étoiles, en proie à des luttes internes. Il estime que Giuseppe Conte, leader du mouvement et contributeur du FEM, comprend qu’il est temps de prendre ses distances avec Beppe Grillo, fondateur du M5S, mais que cette rupture pourrait être difficile à réaliser. Si Grillo continue à s’opposer aux nouvelles orientations du parti, cela pourrait causer des dégâts considérables et entraver la consolidation de la gauche.

Sur X, une internaute commente qu’« En Italie comme en France la gauche ne doit pas gouverner, l’opération de Renzi a pour but d’empêcher la naissance d’une alliance de gauche comme le Front populaire français ».

Laisser un commentaire