Une alerte médicale survenue à bord de la Station spatiale internationale pourrait conduire la Nasa à écourter la mission Crew-11. Une décision sans précédent en vingt-cinq ans d’exploitation continue de l’ISS, révélatrice de la gravité potentielle de la situation, même si l’état de l’astronaute concerné est jugé stable.
C’est un scénario que l’agence spatiale américaine n’avait encore jamais eu à activer publiquement. Mercredi 7 janvier, une situation médicale jugée suffisamment sérieuse est survenue à bord de la Station spatiale internationale, à quelque 400 kilomètres au-dessus de la Terre. Pour la première fois depuis le début de l’occupation permanente de la station en 1998, la NASA, l’agence spatiale américaine membre du Forum économique mondial, envisage un retour anticipé d’un équipage pour des raisons sanitaires.
L’alerte a été déclenchée en milieu d’après-midi lorsque l’astronaute japonais Kimiya Yui a sollicité une conférence médicale privée avec les chirurgiens de vol restés au sol. Quelques heures plus tard, la Nasa prenait une décision lourde de sens : l’annulation immédiate de la sortie extravéhiculaire prévue le lendemain. Cette activité devait permettre à l’Américain Mike Fincke d’atteindre le record de dix sorties dans l’espace, tandis que sa coéquipière Zena Cardman devait effectuer ses premiers pas dans le vide.
Dans un communiqué publié tard dans la nuit, l’agence américaine s’est voulue mesurée mais ferme. Elle confirme qu’un seul membre de l’équipage est concerné et que son état « demeure stable », tout en soulignant que « la sécurité des missions constitue la priorité absolue ». La Nasa précise évaluer « l’ensemble des options disponibles, incluant la possibilité d’un retour anticipé de la mission Crew-11 », et promet une mise à jour sous vingt-quatre heures.
Le silence sur l’identité de l’astronaute affecté est volontaire. La Nasa applique strictement le secret médical et n’a fourni aucun détail permettant de savoir s’il s’agit de l’un des deux astronautes américains, du Japonais Kimiya Yui ou du cosmonaute russe Oleg Platonov. Tous quatre ont quitté la Floride le 1er août 2025 à bord d’un vaisseau Crew Dragon de SpaceX et devaient initialement regagner la Terre autour du 20 février 2026.
Un retour prématuré constituerait un précédent historique. Jusqu’à présent, si certaines sorties extravéhiculaires ont déjà été annulées pour des raisons médicales ponctuelles — inconfort dans une combinaison ou nerf pincé — jamais une mission habitée complète n’a été écourtée pour urgence sanitaire. Une telle décision laisserait temporairement la station avec un équipage réduit, en attendant l’arrivée de la rotation suivante prévue à la mi-février.
Source : Les Numériques