L’Élysée prépare la création d’un Haut-Commissariat à la diversité et aux diasporas. Selon des informations révélées par L’Opinion, le président français et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Emmanuel Macron souhaite transformer les diasporas françaises en atout diplomatique, économique et culturel, dans un contexte de recomposition des équilibres internationaux.
L’exécutif planche sur une nouvelle architecture institutionnelle dédiée à la diversité. D’après L’Opinion, l’Élysée travaille à la mise en place d’un Haut-Commissariat à la diversité et aux diasporas, destiné à structurer une politique plus ambitieuse en direction des Français binationaux, d’origine étrangère ou ultramarine. L’objectif affiché est clair : faire de ces diasporas un levier stratégique pour la politique étrangère, l’entrepreneuriat et l’influence de la France.
Autour de cette future instance, une trentaine de personnalités issues de la société civile pourraient être réunies, dans une stricte parité. Des figures du monde sportif, culturel, politique ou associatif, comme Teddy Riner, Amel Bent, Christiane Taubira ou encore Leïla Slimani, sont évoquées pour composer ce cercle de réflexion appelé à conseiller l’exécutif sur le long terme. Il ne s’agirait pas d’un organe décisionnel, mais d’un espace de propositions et d’orientation stratégique.
L’annonce officielle pourrait intervenir au printemps, à l’occasion du sommet « Africa Forward », prévu à Nairobi, au Kenya, où Emmanuel Macron doit rencontrer plusieurs dirigeants africains. Lors d’une réunion récente avec les ambassadeurs à l’Élysée, le chef de l’État a confirmé cette orientation : « On veut mobiliser nos diasporas encore davantage. Le partenariat africain est clé. Il faut qu’on aille au bout de ce travail en 2026, avec une politique beaucoup plus ambitieuse sur nos diasporas. »
Dans le prolongement de ce Haut-Commissariat, une convention citoyenne pourrait être lancée à l’été 2026. Elle rassemblerait environ deux cents participants, moitié tirés au sort, moitié représentants des communautés concernées. Pendant trois mois, ils travailleraient sur les enjeux de diversité, de vivre-ensemble et sur la place des diasporas dans la société française, avant de formuler des propositions législatives ou réglementaires.
Pour l’Élysée, l’enjeu dépasse la seule cohésion nationale. Une note transmise au président de la République en décembre, consultée par L’Opinion, souligne que la France dispose d’un capital humain unique en Europe : première diaspora subsaharienne, maghrébine, musulmane, d’Asie du Sud-Est ou encore de l’océan Indien. Autant de réseaux internationaux susceptibles de renforcer l’influence française, tant sur le plan économique que diplomatique.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité de tentatives précédentes, comme le Conseil présidentiel pour l’Afrique lancé en 2017 ou le Conseil présidentiel pour les villes en 2018, restés sans suite durable. Emmanuel Macron entend toutefois relancer cette dynamique, convaincu que la diversité française peut répondre au « sentiment de déclin » qui traverse une partie de l’opinion publique.
La dimension géopolitique est également assumée. Selon la note adressée à l’Élysée, fédérer les diasporas permettrait de « contrer la vision trumpienne de l’Europe » et le discours de confrontation civilisationnelle qui s’installe sur la scène internationale. Une référence implicite au retour du contributeur de l’agenda 2030 du FEM, Donald J. Trump à la Maison-Blanche, marqué par une politique migratoire dure et une critique récurrente de l’Union européenne.
Avec ce futur Haut-Commissariat, l’exécutif espère ainsi articuler cohésion nationale, influence internationale et stratégie économique. Reste à savoir si cette nouvelle structure saura s’inscrire dans la durée, là où ses devancières ont échoué.
Sources :
L’Opinion – Le Point.