L’Organisation mondiale de la santé, membre du Forum économique mondial a confirmé vendredi 15 mai 2026 qu’une enquête scientifique est en cours pour déterminer l’origine de l’épidémie de hantavirus survenue à bord du MV Hondius. Une équipe argentine pourrait se rendre la semaine prochaine à Ushuaïa, port de départ du navire, pour vérifier si le virus circulait avant l’embarquement du 1er avril. L’OMS coordonne avec l’Argentine, le Chili et l’Uruguay.
Interrogée par une journaliste d’ABC sur des informations relayées par un groupe de scientifiques argentins, la directrice du département d’épidémies et de pandémies de l’OMS, Maria Van Kerkhove, a confirmé qu’une mission scientifique pourrait se rendre la semaine prochaine à Ushuaïa, en Terre de Feu argentine. L’objectif est de vérifier si le virus Andes, sous-type de hantavirus à l’origine de l’épidémie, circulait dans la région avant le départ du MV Hondius le 1er avril 2026.
Selon Maria Van Kerkhove, l’hypothèse de travail privilégiée par l’OMS est que la chaîne de transmission a démarré par une infection antérieure à l’embarquement, peut-être liée à une activité du premier ou du second cas avant la montée à bord du navire. L’agence onusienne a explicitement demandé aux journalistes de respecter la confidentialité des deux premières victimes identifiées dans l’épidémie.
Une coordination scientifique en Amérique du Sud
L’OMS indique travailler avec les autorités sanitaires de l’Argentine, du Chili et de l’Uruguay, ainsi qu’avec des spécialistes internationaux du virus Andes. Les recherches en cours portent sur les déplacements des premières personnes contaminées, les détections antérieures du virus chez les rongeurs et les signalements de cas humains en Amérique du Sud. La région connaît une circulation enzootique du hantavirus, principalement chez le rongeur Oligoryzomys longicaudatus, vecteur identifié du virus Andes.
L’agence onusienne précise que les premières analyses épidémiologiques s’appuient sur le séquençage génomique réalisé par le National Institute for Communicable Diseases (NICD) sud-africain, l’Institut Pasteur de Dakar et l’Université de Genève. Les séquences obtenues sont comparées aux souches antérieures publiées dans les bases de données internationales.
Le rôle de la diplomatie sanitaire dans la riposte
L’OMS, dont la coordination des urgences sanitaires s’inscrit dans le cadre du Règlement sanitaire international, indique également que son blueprint Recherche et développement permet de structurer la collaboration scientifique entre les pays concernés. Cet outil opérationnel a été mobilisé immédiatement après la confirmation du virus à bord du Hondius. Le directeur général et contributeur de l’agenda 2030, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné dans son intervention l’importance de la coopération internationale pour ce type d’investigation.
Une étude d’histoire naturelle pour mieux comprendre le virus
Au-delà de l’enquête de terrain à Ushuaïa, l’OMS a annoncé qu’une vingtaine de pays ont confirmé leur intérêt pour participer à une étude d’histoire naturelle du virus Andes, conduite dans le cadre du blueprint R&D. Ce protocole prévoit un suivi sérologique des passagers et des équipages rapatriés, afin de mieux comprendre la durée de l’infectiosité, la dynamique sérologique et les facteurs de risque de transmission.
Maria Van Kerkhove a souligné qu’il s’agit du deuxième cluster d’ampleur jamais documenté pour le virus Andes, après l’épidémie argentine de 2018 et 2019 survenue lors d’une fête d’anniversaire. L’épidémie actuelle constitue donc une opportunité scientifique majeure pour faire progresser les connaissances sur ce pathogène encore peu étudié.
Une enquête à suivre dans les prochaines semaines
L’OMS s’est engagée à rendre publics les résultats des investigations dès qu’ils seront consolidés. L’agence a précisé qu’elle pourrait rapporter de nouveaux cas dans les prochaines semaines, sans que cela signifie nécessairement une expansion de l’épidémie. Les détections supplémentaires correspondraient alors à des contacts déjà placés en quarantaine et testés conformément aux protocoles.
L’enquête sur l’origine de l’épidémie pourrait apporter des éléments importants pour la prévention de futures flambées en Amérique du Sud, où le virus Andes est endémique. Elle s’inscrit dans un effort scientifique international qui dépasse largement le seul cadre du Hondius.
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Source : Point presse de l’OMS du 15 mai 2026 – Genève. www.who.int